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Bonga

Auteur de l'articleEmmanuelle

Publié le mardi 22 août 2017


Bonga - 1972/1997

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Angola 72 est le premier album de l’angolais Bonga, réalisé durant une période troublée de l’histoire de l’Angola, encore sous le joug colonialiste du Portugal de Carmona et de Salazar. C’est un des disques phares de ce que l’on appellera bien plus tard la world music.

Bonga, de son vrai nom José Adelino Barceló de Carvalho, a débuté une carrière d’athlète à la fin des années 1960 en apprenant parallèlement la musique auprès de son père.

Rapidement séduit par la cause indépendantiste angolaise, il va profiter de sa renommée dans le monde sportif et donc d’une plus grande liberté de circulation, pour participer à des actions politiques visant à aider le Mouvement Populaire pour la Libération de l’Angola. C’est durant cette période qu’il prend définitivement le pseudonyme de Bonga Kuenda (Celui qui se lève et qui marche). Démasqué par les autorités portugaises, il est contraint de s’exiler en Europe. Installé aux Pays-Bas, il enregistre cet album en 1972 sous le label Morabeza.

Toute la sensibilité angolaise de la semba (ancêtre de la samba brésilienne) est là, magnifiquement portée par la voix rauque et mélancolique de Bonga aidé de son instrument traditionnel de prédilection, la dikanza. Mona ki ngi xica, titre emblématique de l’album résume à lui tout seul l’esprit du disque et la volonté de son auteur de faire connaître la culture musicale et la « sodade » de son pays tout en soulignant dans ses paroles chantées en kimbundu, les problèmes politiques, la misère et la violence coloniale qui affectent l’Angola.

En avril 1974, la Révolution des œillets a lieu au Portugal mettant fin à l’Estado Novo du successeur de Salazar, Marcelo Caetano. Cette même année mais cette fois-ci à Paris, Bonga enregistrera un deuxième album intitulé tout aussi sobrement que le précédent, Angola 74. Ce disque, tout aussi réussi, est le pendant du premier. Il parait un an avant l’indépendance de l’Angola et emprunte également des musiques congolaises et cap-verdiennes, notamment Sodade, énorme succès quelques années plus tard, de la diva de la morna, Cesaria Evora.

En 1997, une réédition des deux enregistrements a été faite dans un double album paru chez Lusafrica.

Bonga
Mona ki ngi xica

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