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Jacob, Jacob

Auteur : Valérie Zénatti

Auteur de l'articleJean-Pascal

Publié le mercredi 17 mai 2017


Les indigènes

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Jacob grandit à Constantine. Il est le dernier d’une famille juive. Ici, le mot famille prend tout son sens. Les enfants, jamais loin des parents, y sont élevés dans un respect strict des aînés, des traditions et dans une moindre mesure de la religion. La place de la femme n’est pas la plus enviable : elle passe après les hommes, son rôle principal est de s’occuper des enfants et tenir la maison. Comme le fait Madeleine, la femme d’Abraham, le fils aîné. Et cette contrainte lui pèse.

Jacob est gêné, il ressent sa peine, la peur éprouvée parfois par les enfants. Il pense qu’il ne sera pas comme ça, qu’il élèvera différemment les siens. Il voudrait intervenir pour que l’on soit moins sévère mais un événement va bientôt bouleverser sa vie. Nous sommes en 1944 et les jeunes Français sont mobilisés pour aller libérer la France. Son avenir de père aimant et amant est remis à plus tard.

Le jour fatidique arrive, l’émotion est à son comble. Rachel, la mère croit qu’il reviendra vite mais l’espoir s’amenuise avec le temps. Elle fera même le voyage seule, défiant son mari, vers une autre ville du pays pour le voir avant qu’il ne traverse la méditerranée, en vain.

Jacob a fait ses classes avec Bonnin, Ouabedssalam, Attali et Haddad : la France est représentée dans sa diversité. La douce vie qu’ils ont connue laisse la place à la dureté de l’entraînement. Puis ils embarquent, sauf Haddad qui déserte au dernier moment. Les exercices laissent la place à la réalité du terrain. Ils se sont préparés mais ce n’est rien à côté de ce qui les attend au combat.

La France, ils ne la connaissaient qu’au travers de l’école, de ce qu’ils entendaient ou lisaient. Et la guerre complique beaucoup leur acclimatation. Les joies et les peines du quotidien qu’ils ont connues à Constantine ne sont plus que des souvenirs. Ils ont le sentiment de perdre leur identité sans avoir celui d’en gagner une autre. Qui sont ces gens des colonies pour la France ? Ne les reconnaît-elle pas plus facilement quand elle a besoin d’eux pour combattre ?

La Provence sauvée, leur compagnie continue d’avancer. Il faut tuer toujours plus de boches ! Forcément, les morts sont de plus en plus nombreux. Les hommes et les amis tombent, les uns après les autres, loin des leurs – et inversement -. Seule éclaircie dans cette horreur, Jacob connaîtra sa première rencontre amoureuse auprès d’une jeune femme durement éprouvée elle aussi par la guerre. Un trop bref moment de répit.

A Constantine, Rachel s’inquiète. Puis la la douleur de l’attente laisse place à la douleur de l’absence. Jacob reviendra-t-il ? Je n’en dis pas plus pour ne pas gâcher votre plaisir de lecture. Une chose est sûre, rien ne sera plus comme avant et pas seulement par rapport au départ de Jacob.

La seconde guerre mondiale va rapidement laisser la place aux guerres liées à la décolonisation, au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Les années passent, la situation est de plus en plus tendue. Haïm le père meurt, puis Abraham. Un nouveau monde prend forme et un nouveau départ se profile pour cette famille, en particulier pour Madeleine, maintenant seule avec ses enfants. C’est sans doute pour Rachel, qui aura vécu le plus longtemps sur un territoire et dans des habitudes de vie bien différents que ce sera le plus dur. Et pour tous les autres…

Et le rapport entre ce livre et l’auteur, cela aussi je vous laisse le soin de le découvrir...

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