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Sans papiers

Genre :  militant

Auteur : Texte de Rascal, photographies de Cendrine Genin, illustrations de Jean-François Martin

Publié le mardi 26 septembre 2017



Bouleversant

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A la lecture, j’ai été partagée par des sentiments divers, notamment l’admiration d’un si bel ouvrage, avec des illustrations mêlant sérigraphies et photographies absolument magnifiques et une langue poignante de poésie et de simplicité. Tout était merveilleux : la mise en page, les mots, les images. Et tout était dur : des résonances au plus profond, un sentiment d’impuissance, un mal-être, et comme une peur d’aller jusqu’à la fin.

Une petite fille raconte comment la guerre dans son pays l’a poussée elle et son père à l’exil, jusqu’à arriver à Paris, place de la République. Parce que c’est le pays des Droits de l’Homme. "Que leur devise est : Liberté, Égalité, Fraternité".

Elle raconte comment elle a appris à vivre invisible, comment elle a appris le français à son père, comment elle a appris qu’il n’y aurait jamais de papiers.

Elle apprend la France et son patrimoine. Elle apprend à l’aimer. Quelle meilleure ambassadrice pour la France qu’une gamine qui déclare... "Les cerisiers de l’avenue Jean Jaurès sont en fleurs. Je récite un poème de Prévert en marchant.

La vie est une cerise

La mort est un noyau

L’amour est un cerisier"

Elle est "Française. Enracinée."

"Je connais la Marseillaise par cœur,

La liste des 100 départements sur le bout des doigts,

J’adore le bœuf bourguignon,

Le poulet basquaise,

Le bleu d’Auvergne et les croissants au beurre,

Monsieur Hulot et Louis de Funès me font rire,

L’histoire de Marie-Antoinette me fait pleurer,

J’aime voir dépasser des toits gris la tour de Monsieur Eiffel

Et la pierre blanche de Notre-Dame.

Mes amis et amies s’appellent Jules, Anisa, Brigitte, Laurence, Arthur, Karim.

Les poèmes de Jacques Prévert

Et les contes de Charles Perrault,

Les peintures de Renoir,

Les gouaches de Matisse et les sculptures de Rodin.

Les chansons de Charles Trenet et celles de Boby Lapointe."

Alors on se prend à rêver que la nationalité française pourrait s’acquérir autour d’un croissant au beurre, en récitant sans se tromper la recette du bœuf bourguignon et une réplique de la Soupe aux choux...

Et une question se pose : comment hurler plus fort qu’un avion qu’on ne veut pas de retour au pays natal ?

C’était l’histoire d’un matin où une petite fille avait mis sa plus belle robe et ses chaussures vernies pour une photo de classe sur laquelle elle n’apparaîtra jamais.

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