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Une Aussi longue absence

Auteur : Henri Colpi

Auteur de l'articleNathalie

Publié le mercredi 14 mars 2018


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1960 – Puteaux. Une femme, Thérèse Langlois, tient un bistrot d’habitués. Elle pourrait envisager de refaire sa vie avec un camionneur breton qui s’arrête souvent chez elle, avec qui elle a une aventure et qui souhaiterait que leur relation s’installe dans la durée.

Chaque jour, passe un clochard, fredonnant un air d’opéra.
La première fois qu’elle le croise, elle éprouve un choc violent. Et s’il s’agissait de son époux, porté disparu en déportation ? Mais cet homme a perdu la mémoire.
A partir de ce moment, cette femme n’aura de cesse de rassembler des indices, de se convaincre et de convaincre son entourage que son mari est de retour. Et elle s’acharne également à faire retrouver la mémoire à celui qui en est maintenant dépourvu.

Ce film, prix Louis-Delluc et Palme d’Or au festival de Cannes en 1961 (ex-aequo avec Viridiana de Luis Bunuel) est à découvrir absolument.
Il est tout d’abord éminemment littéraire. Marguerite Duras en est la co-scénariste et c’est elle qui a proposé cette histoire à Henri Colpi. Ils se sont rencontrés lors du tournage d’Hiroshima, mon amour, dont Colpi est le monteur. Et l’on reconnaît souvent le style envoûtant de Marguerite Duras dans les dialogues. Cette histoire, inspirée d’un fait divers, lui permet d’aborder un thème qui lui est cher, la déportation et aussi de dépeindre une femme amoureuse.
L’interprétation des acteurs principaux y est magistrale. Alida Valli, star italienne choisie par la coproduction, incarne avec beaucoup de justesse une femme simple portée par un amour incandescent. Quant à Georges Wilson, il nous ravage d’émotion comme clochard, sans mémoire, se laissant porté par les événements, réalisant de magnifiques découpages de papier.

Ce film est plutôt méconnu. Est-ce parce qu’il est réalisé en pleine Nouvelle Vague sans en faire partie ? Il est d’une réalisation classique, très soignée et bien souvent filmée en décor naturel. Chaque plan est soigneusement composé et le montage d’une grande rigueur. Rappelons que Colpi a été précédemment monteur.
C’est aussi pour ce film que le compositeur Georges Delerue a créé, sur des paroles d’Henri Colpi, la chanson Trois petites notes de musique, ici interprétée par Cora Vaucaire, puis popularisée par Yves Montand et Juliette Gréco.

Enfin on ne manquera pas, au visionnage de ce film, d’admirer les usines Renault sur l’Ile Seguin, souvent en arrière-plan du quartier où se déroule principalement cette histoire.

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