Agrippine la jeune

Genre :  Histoire romancée

Auteur : Audrey Guiller, illustrations de Pénélope Paicheler

Auteur de l'articleMélanie L

Publié le mercredi 13 juin 2012



Star de la Rome antique, elle aurait sans doute parfaitement porté une robe en viande...

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Actes Sud Junior a lancé sa collection "T’étais qui, toi ?", dirigée par Vincent Cuvellier. Le principe : "Une collection pour découvrir les hommes et femmes qui ont fait l’Histoire, parfois héroïques, parfois peu recommandables, ou tout simplement humains". Une collection de petits documentaires pour les enfants, dans un format qui rappelle les romans, et pour cause, c’est de l’histoire romancée, réécrite, sublimée, et quelque peu inventée, car où pourrait-on trouver les dialogues exacts de personnages morts il y a parfois des centaines d’années ?! Des personnages plus ou moins connus, déterrés pour l’occasion, présentés par le biais d’anecdotes et d’illustrations modernes, qui les rendent bien plus proches de nous.

Commençons par Agrippine la Jeune. Présentée comme une star de la Rome antique, elle est boudée par les manuels scolaires qui lui ont toujours préféré les grands hommes de pouvoir tels que Jules César, Néron, ou même Cléopâtre qui, au regard de l’Histoire, lui a injustement fait de l’ombre. Aurait-il manqué à Agrippine un nez ? Pourtant, cette arrière-petite-fille d’empereur, petite-nièce d’empereur, sœur d’empereur, épouse et nièce d’empereur, ne semble pas avoir manqué de flair... ce qui ne l’empêchera pas de se faire avoir à la fin.

Agrippine naît et fait ses premiers pas dans le camp militaire de pôpa Germanicus. Celui-ci meurt, sans doute empoisonné par Tibère, mais c’est quand même à lui qu’on confie la gamine. Ce sympathique bonhomme lui choisit un époux tout aussi sympathique, de trente ans son aîné (elle en a 13 !), à qui il interdit cependant de lui faire un môme, car il serait alors de sang impérial et risquerait de monter sur le trône - et je parle bien du trône impérial ! De toute façon, Tibère se fait également empoisonner, alors c’est Caligula, le frérot d’Agrippine, qui est proclamé empereur. Bah, oui, en tant que fille, ça ne peut pas être elle. Du coup, elle nous fait un petit Néron, seul moyen pour elle d’accéder au plus près au pouvoir. Une prophétie tombe : il tuera sa mère ! Cap ? pas cap ? Vous lirez la suite ! Une chose est sûre, c’est qu’ils n’étaient pas tendres, et que non, décidément, c’était pas mieux avant.

On peut se poser la question de ce qui est historiquement véridique et ce qui ne l’est pas. L’auteure joue avec humour sur cette question en y apportant sa propre vision des choses, donnant un peu le ton du récit :

" - D’accord pour qu’il me tue, affirme-t-elle, du moment qu’il règne !

Domitius lui jette un regard mauvais et quitte la pièce. Au fait, je vous raconte tout cela, moi, mais évidemment, les paroles d’Agrippine et de Domitius n’ont pas été fidèlement enregistrées sur le Youtube antique ! Donc ce ne sont peut-être pas exactement leur mots. Par contre, c’est exactement ce qu’ils voulaient dire".

Jolie pirouette ! Donc non, ce livre ne contient pas de notes de référence. Cependant, il se clôt sur une courte bibliographie qui comprend des livres, des sites internet, des films, pour "aller plus loin". Une invitation à se documenter encore, si le livre a su susciter notre soif de connaissances ! En bref, une collection amusante et moderne, bourrée d’anecdotes savoureuses, qui ne peut faire qu’aimer l’histoire.

Vous le saviez, vous, que Caligula avait ordonné qu’on jette aux lions tous les chauves et les personnes âgées de la ville ? Mais... il voulait me mettre au chômage ?!? héhé


1 Message

  • Agrippine la jeune 18 juin 2012 10:19, par Audrey Guiller

    Merci beaucoup pour cette critique chouette et bien écrite...

    C’est vrai que j’ai choisi de parler d’Agrippine, parce que c’est une femme d’une sacré trempe ! Même si ses méthodes sont, disons, hum hum, discutables...
    Mais elle pose beaucoup de questions sur la place des femmes dans le pouvoir, quand elles veulent être autre chose que des potiches...
    Et sa vie a connu tellement de rebondissements (véridiques) qu’on dirait une série télé...
    Au plaisir,
    Audrey Guiller


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