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Pickpocket

Auteur : Fuminori Nakamura

Auteur de l'articleJean-Pascal

Publié le samedi 15 juin 2013



Gentleman cambrioleur

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Nishimura est un picpocket solitaire, non dépourvu d’une certaine éthique puisqu’il s’attaque uniquement aux hommes dont l’apparence laisse présager qu’ils ne souffriront pas trop du larcin. Une attitude cependant empreinte d’un certain calcul puisque c’est aussi l’assurance d’y gagner davantage...

Autrefois, il agissait en symbiose avec Ishikawa, son complice. Qu’est-il devenu ? Ishikawa a été mêlé à une affaire qui le dépassait et qui de fait mettait sa vie en danger : il a ensuite disparu. Nishimura veut le retrouver, bien qu’on lui conseille de partir sans chercher à en savoir plus. Oubliant l’adage selon lequel un secret partagé n’est plus un secret ou encore qu’un témoin est un témoin gênant.

Voler des portefeuilles est une activité dangereuse mais circonscrite et sans grande envergure. Voler de grosses sommes, c’est entrer dans le grand banditisme et devoir obligatoirement opérer à plusieurs. C’est à ce moment que vous pouvez être confronté à des « collaborateurs » avec qui vous n’aurez pas d’affinités, voire dont les intérêts ou les sentiments -quant au partage par exemple -ne sont pas compatibles avec les vôtres. Ishikawa a fini par avoir trop d’ambition et malheureusement pour lui sa route a croisé celle de Kisaki, un redoutable yakusa avec lequel il s’est mis en dette.

Pour connaître la vérité sur ce qui s’est passé, Nishimura va être à son tour contraint de se mettre à son service : c’est le début d’un engrenage sans fin.

Dans le même temps, il se met encore davantage en position de faiblesse en acceptant d’aider un gamin qu’il surprend à voler dans un magasin et que sa mère exploite. Lorsque l’on opère dans l’illégalité, toute attache est une prise de risque et un handicap supplémentaire.

Nishimura tente-t-il de « refaire l’Histoire » ? Remettre ce gamin dans le droit chemin alors que lui-même n’a pas été aidé, retrouver une vie de couple, mener une existence « normale » ? Est-il est désormais trop tard, une rédemption est-elle encore envisageable ?

Les montants financiers évoqués dans certaines affaires montrent bien que nous avons depuis longtemps changé de dimension. Le crime organisé est devenu une industrie qui s’attaque à tous les marchés, ne néglige aucune source de revenus, et plus que jamais la fin justifie les moyens.

L’image de Nishimura le « gentil pickpocket » entre en conflit avec ce que l’on pourrait qualifier de symbole du Mal. Un homme très bien renseigné auquel il semble impensable d’échapper - comme une araignée au centre de sa toile -, et qui exigera toujours plus de lui.

Kizaki n’est pas seulement un bandit qui cherche à faire le plus d’argent possible : il voit dans ses activités délictuelles le moyen d’asseoir sa puissance. Il a sa vision du monde. Un monde dans lequel certains sont faits pour diriger et les autres pour les servir... Et c’est ce genre de corruption, davantage intellectuelle que matérielle, qui le rend si impitoyable et si redoutable.

Pour autant, Kisaki n’apparaît finalement pas comme si extraordinaire ou décalé dans la société où nous évoluons. Une société où certains enjeux font que la morale passe au second plan dans des affaires pas si honnêtes qu’elles voudraient le laisser croire au commun des -trop facilement - mortels...
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