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Coup de coeur - Printemps 2016

Auteur de l'articleEmmanuelle

Publié le mercredi 22 juin 2016


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JAZZ
GOGO PENGUIN - Man made project

GOGO PENGUIN - Man made project

Troisième et dernier projet du trio britannique, « Man made project » est tout aussi réussi que les deux précédents albums, « Fanfares » et « V2.0 » qui a été nommé aux Mercury Awards. Gogo Penguin provient de la scène jazz de Manchester et sait allier à merveille acoustique, électronique et improvisation. A ce sujet, le batteur Rob Carter explique qu’un certain nombre de titres de cet album proviennent de morceaux composés initialement à l’aide de logiciels de séquençage. Après l’enregistrement de ces maquettes, ces compositions ont été transcrites par les musiciens du groupe pour être jouées au moyen de leurs instruments respectifs (à la basse, Nick Blacke et au piano, Chris Illingworth). Parallèlement, les membres de ce trio continuent de multiplier les projets communs, en solo également et écument sans relâche les scènes les plus atypiques de Manchester et d’ailleurs.


ELECTRO
TUMI & CHINESE MAN - The journey

TUMI & CHINESE MAN - The journey

Paru à l’automne 2015, « The journey » est le dernier projet du collectif marseillais Chinese Man. Sur cet album, ils s’associent au rappeur sud-africain Tumi qui y apporte son imparable flow. Dans la lignée de leur précédent album studio « Racing with the sun » sorti en 2011, « The journey » demeure tout aussi foutraque et jouissif, mêlant avec bonheur trip-hop, dub, hip-hop, world music sur la base de basses lancinantes et puissantes et d’un groove toujours aussi percutant.

Pour celles et ceux qui ont apprécié les précédentes galettes de Chinese Man, n’hésitez pas à écouter « The journey » , vous ne serez pas déçus !


SOUL/BLUES

SON LITTLE - Son Little

Premier album éponyme de l’artiste américain Son Little de son vrai nom Aaron Livingston. Ce travail reflète le parcours de ce trentenaire qui a bourlingué et vécu dans différentes régions et villes des États-Unis : Détroit, New York, Philadelphie, Los Angeles, la Lousiane... Autant de lieux et de rencontres qui ont nourri et inspiré l’écriture de son opus entre soul, rock et et blues. Mal à l’aise en public,il a failli pour cette raison, abandonner la scène musicale. C’est le manager du groupe de rap The Roots qui l’a relancé sur la voie de la musique et des studios.

Avec un timbre de voix incantatoire, Son Little aborde divers thèmes sociétaux sensibles : les relations entre ethnies, entre les classes sociales, les violences policières subies par de jeunes Afro-américains... Il découle de son travail un blues très personnel qui illumine l’ensemble de ce premier album.


ROCK

JOANNA NEWSOM - Divers

Il s’agit du quatrième album studio de l’auteure-compositrice-interprète Joanna Newsom. Dans une interview elle précise qu’elle a a passé un à deux ans uniquement sur les arrangements et les overdubs (Réenregistrements de pistes musicales sur d’autres pistes) et pris soin d’obtenir la tonalité et la couleur souhaitées avec l’aide de ses collaborateurs dans un long processus créatif.

Chanteuse à la voix fragile, toujours sur le fil du rasoir, Joanna Newsom, harpiste de surcroît, nous offre un dernier album qui sonne toujours dans la veine d’un néo-folk à l’atmosphère onirique et qui, à certains moments, peut rappeler l’atmosphère et l’univers des compositions de Kate Bush, par son lyrisme vocal bien particulier et la tonalité singulière des claviers.


CHANSON

GONTARD ! - Repeupler 

1er album de Nestor Gontard qui n’en est pas cependant à ses premiers pas dans le domaine musical. Des années de bricolage sonore et de mix-tapes ont conduit au final à l’enregistrement de ce disque qui s’écoute comme une longue chronique ou alterne l’intime, l’amour, l’amitié, les liens familiaux et un regard acéré sur la société (cf. : « La France des épiciers ») . Gontard ! parle plutôt qu’il ne chante... Il scande, déclame ses textes sur une musique tout aussi alerte entre pop, cold wave, rock alternatif et musique orientale. L’atmosphère de cet album nous renvoie aux années 1970 et son talk-over rappelle d’ailleurs des titres des premiers albums d’Yves Simon comme Respirer chanter, Raconte toi...Si Gontard ! se montre toujours caché derrière un étrange masque de lapin - Allez jeter un œil à ses vidéos postées sur son compte Youtube -il ne mâche néanmoins pas ses mots de révolté social ou son chanté-parlé se déroule sur un rythme précipité comme s’il y avait urgence à dire.

Cet album est signé chez Ici d’Ailleurs, un label qui nous avait offert déjà un autre album très réussi du tandem Bruit Noir. L’un des deux artistes de ce groupe, Patrick Bouaziz dit à propos de Gontard ! « Hors-piste, hors limite, hors code, hors tout. Évidemment en plein dans le mille ». Un résumé pertinent du travail du mystérieux lapin Gontard ! Dans ces treize titres à l’univers décalé, énervé, « bordélique »... A écouter d’urgence.

LEJ - En attendant l’album...

1er album de ce trio acoustique dionysien dont le nom de groupe est composé des initiales des prénoms des jeunes musiciennes et chanteuses, Lucie, Elisa et Juliette. Prononcez-le : Elijay.

Après un succès inattendu l’année dernière sur Youtube avec un mashup des tubes de l’été intitulé « Summer 2015 » comportant des reprises de Rihanna, David Guetta ou encore Stromae, elles sortent cet album où se trouvent des compositions propres au groupe et de nouveau quelques reprises comme l’excellent « Seine Saint Denis style » de NTM. Amies d’enfance ayant grandi à Saint-Denis, nées toutes trois en 1993, elles partagent une même passion pour la musique. Leurs parcours respectifs mêlent avec légèreté des univers musicaux très différents du classique au hip hop. Outre le chant à trois voix, elles s’accompagnent sobrement de percussions et d’un violoncelle

Depuis la sortie de leur album toute fin 2015, elles enchaînent les concerts : Printemps de Bourges, Olympia, et vont se produire également à l’étranger, en Belgique, au Canada...


MUSIQUES DE FILMS

FRED PALLEM & LE SACRE DU TYMPAN - Présentent François de Roubaix

A l’occasion des 40 ans de la disparition de François de Roubaix dans un tragique accident de plongée sous marine, Fred Pallem et Le Sacre du Tympan ont sorti un album-hommage au génial compositeur de musiques de films. François de Roubaix, mélomane et musicien autodidacte, pionnier français de la musique électronique et du home-studio a composé pour le cinéma et la télévision des musiques devenues de grands classiques du genre : Le vieux fusil ; La scoumoune, Dernier domicile connu, Les aventuriers, Chapi Chapo, Commissaire Moulin... Qui pouvait être mieux placé que le bassiste fred Pallem et son Big band pour saluer la mémoire de François de Roubaix ? En effet Pallem n’en est pas à son premier clin d’œil aux bandes originales de films. En 2012, il avait réalisé le jouissif album « Soundtrax » qui mêle parodie et célébration des différentes B.O. de films de genres...

Mais c’est quelques années auparavant, en 2008 que le projet de Roubaix voit le jour grâce à une commande pour le festival Jazz à la Villette autour d’un compositeur de cinéma. Fred Pallem et ses musiciens choisissent de Roubaix, grand mélodiste « formidable langue vivante, influencée par toutes les formes de musiques populaires, jazz, folklore et pop » dira -t-il dans une interview.
Dans ce dernier album, Pallem revisite plusieurs standards de François de Roubaix, instrumentaux et chantés avec la participation d’invités comme Barbara Carlotti, Alice Lewis ou encore Philippe Katerine.

Si vous avez raté son concert en mars dernier au TPE, précipitez-vous à la médiathèque pour emprunter ce disque !

FRANÇOIS DE ROUBAIX - Commissaire moulin et autres scènes de crimes !

Durant l’année caniculaire de 1976, les téléspectateurs découvrent une nouvelle série policière : le commissaire moulin avec dans le rôle principal, Yves Régnier.

Flic d’un nouveau genre, portant jeans et baskets, ce feuilleton télévisé créé par Paul Andréta et Claude Bloissol va faire un tabac. Au tout dernier moment, Claude Boissol, contacte François de Roubaix pour composer la bande originale de la série, estimant qu’il est le seul à pouvoir réussir cette gageure dans les courts délais impartis.

Sur le point de partir à l’étranger, de Roubaix après quelques protestations, va composer in extremis la musique de cette série à l’aide de son enregistreur huit pistes et d’instruments électroniques puis livrer le tout à Boissol avant de rejoindre l’aéroport...

Les thèmes qui composent cet album , tous de la main de François de Roubaix seront les dernières compositions de ce compositeur. Parti pour les Canaries afin de s’adonner à son autre passion la plongée, il décède tragiquement au cours d’une sortie sous-marine. De ce fait, le compositeur n’a pu développer les thèmes musicaux élaborés pour le feuilleton. Pour rester en harmonie avec la musique liée à l’atmosphère d’une série policière, le label belge Wémé en accord avec la famille de Roubaix, a édité à la suite du célèbre thème du Commissaire Moulin des inédits dont on ne sait pas toujours quels étaient à l’époque de leur création leur destination finale : documentaires, courts ou longs métrages ! Le seul parti pris et fil rouge est que toutes ces bandes étaient destinées à illustrer l’univers de la police.

Travail remarquable aussi bien sur le fond que sur la forme avec ces 17 pistes qui se suivent dans une même tonalité sous le signe de l’intrigue et du suspens.

Pour les inconditionnels de François de Roubaix, écoutez aussi le dernier disque de Fred Pallem et du Sacre du Tympan et blogué dans cette même rubrique, consacré également aux musiques de films de Roubaix pour rendre hommage au prolifique et génial compositeur, 40 ans après sa disparition.


CLASSIQUE

HUIJNEN & GROTENHUIS - Dance !

Le duo néerlandais composé de la violoniste Cécile Huijnen et de l’accordéoniste Marieke Grotenhuis illustre à merveille dans ce tout dernier disque la passerelle qui existe entre musique « classique » et musique « populaire » en nous offrant des interprétations de Kodaly, brahms, Dvorak , Piazzola...

Ces 2 musiciennes forment un inhabituel tandem instrumental violon-accordéon depuis 2013. Ayant peu de répertoire déjà écrits pour ce singulier duo d’instruments, elles sont devenues de brillantes arrangeuses, rompues à l’art de la transcription. La preuve en est dans cet opus où alternent des pièces connues telles les danses slaves de Dvorak et les danses hongroises de Brahms et des œuvres plus rarement entendues comme « Adobah » écrite à l’âge de douze ans par Ernst Bloch pour son ami Yehudi Menuhin ou encore « Souvenir » de Ladislav Kupkovic qui requiert une grande virtuosité au violon.

Autant d’œuvres à (ré)écouter jouées par ce talentueux duo venu des Pays-Bas.


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