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Exit music

Auteur : Ian Rankin

Auteur de l'articleJean-Pascal

Publié le samedi 19 mars 2011



La dernière enquête de l’inspecteur Rebus...

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... Et la première pour moi qui ne m’étais pas encore plongé dans l’oeuvre de l’auteur dont l’inspecteur préféré enchante ses lecteurs - si l’on s’en réfère aux prix reçus - depuis plus de vingt ans. Car le monde des auteurs de romans policiers se divise en gros en deux catégories : ceux qui mettent en scène un personnage récurrent et les autres.

John Rebus est l’archétype de l’inspecteur par son caractère, ses qualités et ses défauts, mais c’est ce qui le rend attachant.
Caractéristique typique : l’inspecteur éprouve un certain mal de vivre, en proie à ses problèmes personnels, esclave de ses addictions [1], il ne renonce pas pour autant à combattre le mal dans la société alors qu’il ne parvient pas à redresser sa situation personnelle. Parfois, ce paradoxe s’explique parce-que son malaise trouve son origine précisément dans un monde perverti contre lequel il lutte sans relâche.

En l’occurrence, même à une semaine de la retraite, John Rebus ne se résigne pas !

Un poète russe retrouvé assassiné par des passants : voilà qui semble bien loin des préoccupations habituelles du tenace inspecteur. Oui mais voilà, tirez un fil de l’écheveau et vous aurez envie d’en savoir plus. Surtout au moment où l’ennemi intime de John Rebus, Big Ger Cafferty, jamais définitivement vaincu, fait son apparition dans l’affaire. Ce qui paraît évident : l’implication de la communauté russe présente à Edimbourg, va se révéler plus compliqué à démontrer, même si le poète dissident critique ses compatriotes à mots à peine couverts. Mais si la parole du poète est d’or, l’or des investisseurs étouffe la parole : ces Russes sont là pour investir et intéressent les riches banquiers mais aussi les politiciens de tous bords, avides de collaborer avec ceux qui boosteront l’économie locale et assureront leur succès lors des prochaines élections.

Et si cet argent providentiel n’était pas honnêtement gagné, comme le laisse à penser certaines pratiques ? Voilà bien de quoi heurter la sensibilité d’un inspecteur intègre ! Mais là n’est pas l’essentiel. Ce qui insupporte John Rebus, c’est qu’au nom d’intérêts supérieurs à ménager, ses chefs veuillent lui faire admettre qu’il s’agit d’une agression crapuleuse et l’empêcher de fouiner davantage. Bien qu’étant lucide sur l’issue du combat permanent entre le Bien et le Mal qui agite le monde et auquel il apporte sa modeste contribution, il n’admettra pas de s’avouer vaincu. Et c’est comme ça qu’on l’aime !

P.-S.

Si je devais apporter un bémol, je dirais que l’intrigue, où tout s’enchaîne selon une mécanique bien huilée, est très élaborée. Du coup, John Rebus apparaît parfois un peu trop brillant dans ses déductions pour être totalement crédible ; mais c’est peut-être parce-que je ne suis pas John Rebus !

Notes

[1Parmi ses addictions, une apparaît bien sympathique. Les inspecteurs dont on parle dans les romans policiers sont plutôt branchés jazz, celui-ci -sans doute parce-que l’auteur fut de la partie -est davantage tourné vers le rock. L’occasion de faire plus ample connaissance avec un artiste méconnu, et quelques autres encore que je vous laisse le soin de découvrir.


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