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L’amour et les forêts

Genre :  roman bovarien

Auteur : Eric Reinhardt

Auteur de l'articleArnaud

Publié le samedi 24 janvier 2015


La parenthèse et la chute

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Bénédicte est une femme comblée d’ennuis : un mari violent et harceleur, des enfants qui la jugent, un travail qui ne l’épanouit plus. Bénédicte est enfermée dans son propre royaume à l’apparence douillette. Un jour, elle s’offre la liberté entre les bras d’un homme rencontré d’abord sur Internet puis dans sa maison dans la forêt. Elle s’échappe, a conscience d’être déraisonnable, mais elle vit l’espace d’une après-midi la tendresse de l’autre, la sensualité de ses attentions, la passion amoureuse qui fait oublier l’heure, les obligations, les enfants à aller chercher à l’école, la vie quotidienne et ennuyeuse qui la submerge. Le paradis a son revers infernal. Rentrée chez elle, Bénédicte le découvre et sa descente peut commencer, inexorablement.

Eric est auteur. Il a le vertige de la page blanche. Il cherche les mots qui lui permettront de confirmer le succès de son précédent roman. Eric reçoit des lettres de femmes touchées par les personnages féminins de ce fameux roman. Parmi elles, Bénédicte. Il la rencontre, l’écoute, se bouleverse de son présent, s’inquiète de son devenir. Bénédicte fait partie de ces femmes victimes de harcèlement conjugal. Le mari veut l’aveu. Il aime mal. Il détruit par goût de la possession. Il annihile l’autre.

Eric Reinhardt n’a pas rencontré Bénédicte Ombredanne. Il invente un portrait mixant de nombreuses femmes douloureusement atteintes dans leurs foyers. Il dresse sur quelques pages le récit d’un acte charnel avec délicatesse mais sans retenue, sans hypocrisie avec la plume de celui qui a aimé. Son portrait de femme est triste, réaliste, fort. Il écrit le manque, l’occasion loupée, le déchirement entre le devoir et les élans du coeur. Il écrit une nouvelle page de Bovarysme, faite de renoncement et de mélancolie. Eric Reinhardt n’est pas Bénédicte Ombredanne comme Flaubert était Bovary. Il a pourtant le souci constant de ne jamais trahir sa véracité. Il n’est pas, il comprend. Et c’est triste, beau, bouleversant par instants et tragique. Une histoire d’A. qui finit mal. Une histoire d’amour que même la littérature ne peut sauver... Quoique...


P.-S.

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