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La revanche du petit juge

Auteur : Mimmo Gangemi

Auteur de l'articleJean-Pascal

Publié le jeudi 14 avril 2016


La mafia pour tous

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Les hommes sont les mêmes partout et il n’y avait aucune raison pour qu’un système délictueux -ou vertueux - soit uniquement présent dans une région du monde. Si l’on s’accorde à voir dans la Sicile le lieu de naissance de la mafia, d’autres se sont fait connaître et cherchent à se singulariser. Dans une société où tout s’accélère, il faut faire de l’argent plus vite et en plus grande quantité. Il ne faut négliger aucun « marché ». Les secteurs « traditionnels » ne suffisent plus à satisfaire l’appétit grandissant de mafieux toujours plus ambitieux.

En Italie, à côté de la mafia sicilienne, au moins deux autres se sont « distinguées » au fil du temps. La camorra napolitaine et la ’Ndrangheta calabraise. C’est de cette dernière dont il est ici question.

Dans une petite ville de Calabre exerce un juge qui ne se fait pas remarquer par ses excès de zèle. Alberto Lenzi retire davantage de plaisir lors des soirées qu’il passe avec ses amis qu’à s’attarder sur les dossiers dont il a la charge. Il est considéré comme un dilettante. Mais un événement dramatique va changer la donne. L’un de ses « complices », Giorgio Maremmi, juge comme lui, va être abattu devant son domicile. Lors du dernier procès auquel il avait participé, il avait été ouvertement menacé par le prévenu. On soupçonne le frère en cavale d’être le coupable. Mais ce serait trop simple : ce qui apparaît comme une simple vengeance cache autre chose...

C’est le début d’une longue enquête qui va se présenter comme une succession de portes à pousser, toujours plus lourdes ! Mais Alberto avance obstinément, malgré les avertissements des uns et des autres. Pour cela, il peut compter sur la collaboration plus ou moins volontaire de Don Mico Rota, un parrain de la mafia qui vieillit en prison. Car bien qu’il continue à gérer son business et garde toute son influence depuis son lieu de réclusion ; il se pose la question de savoir à quoi tout cela sert, la liberté étant finalement la première des richesses et la première condition pour en profiter. La perspective de finir ses jours en prison étant pour lui inconcevable, le temps passant et presonne n’ayant encore réussi à vaincre ou acheter la mort ! Pour commencer, il va faire abattre l’assassin du juge, manière aussi de montrer sa désapprobation face à la bêtise et au manque d’honneur de la nouvelle génération de malfrats qui ne respecte pas certains codes de conduite. Le sens de la hiérarchie par exemple. Et puis on n’abat pas un juge « pour rien »...

A mesure qu’Alberto trouve les personnes qui pourraient lui révéler les dessous de l’affaire, elles disparaissent brutalement avant de livrer toutes les informations en leur possession et surtout de pouvoir témoigner. Manifestement, « on » élimine tous les maillons de la chaîne avant qu’ils ne lâchent . Car le scandale est d’importance. Et c’est là ce que veut souligner l’auteur. L’histoire dont il est question ici n’est pas circonscrite aux protagonistes directement mis en cause. On ne parle pas d’une simple histoire crapuleuse mais de corruption généralisée. S’agissant de l’enfouissement de déchets polluants, on comprend que cela implique forcément le monde des affaires, le monde politique et la justice. Indirectement, dans ce cas, les intrications économiques sont bien plus étendues. Encore plus grave, lorsque l’appât du gain est de nature à porter atteinte à la santé de toute une population, il est vraiment temps de réagir pour faire stopper de qui s’apparente à un scandale d’État. Alberto y parviendra-t-il ? Les vrais coupables seront-ils démasqués ?


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