Accueil > Cinéma > Le Grand soir

Le Grand soir

Auteur : Benoît Délépine et Gustave Kerven

Auteur de l'articleNathalie

Publié le jeudi 25 octobre 2018


Questionnement social

Votre avis sur ce document

Not, le plus vieux punk à chien d’Europe et son frère Jean-Pierre, vendeur dans un magasin de matelas, se rendent chez leurs parents qui tiennent une Pataterie dans une zone commerciale afin de célébrer l’anniversaire de leur mère. Jean-Pierre est outré par le style de vie de Not qui n’entre pas dans la « norme ». Et dans une première partie, on suit l’errance de Not, les difficultés professionnelles de Jean-Pierre, et on fait aussi mieux connaissance avec leurs parents, inénarablement incarnés par Brigitte Fontaine et Areski Belkacem.
Le grand soir, ils vont l’espérer, l’organiser.

Les deux personnages principaux, Not et son frère Jean-Pierre (qui finira par prendre lui aussi un pseudonyme) sont incarnés respectivement par Benoit Poelvoorde et Albert Dupontel. Il m’arrive de ne pas adhérer à leur humour, à leur folie mais ici, ils sont au meilleur. Ils parviennent immédiatement à donner de l’épaisseur à leurs personnages, à ne jamais les ridiculiser. En effet, ce film pourrait n’être qu’une farce mais la direction d’acteurs au cordeau en fait un film de dénonciation sociale d’un équilibre magnifique. En effet, il suffirait d’une pichenette pour basculer dans le grand guignol et le propos du film s’en trouverait complètement dénaturé

Un film indispensable car jamais je n’ai vu une vision aussi pertinente des zones commerciales. Les magasins, les restaurants de cette zone semblent bien souvent déserts, on s’y retrouve souvent avant l’arrivée des clients ou après leur départ. Et là, il reste ceux qui tiennent ces boutiques et ils semblent tout aussi désincarnés que les clients. La vacuité consumériste est palpable.

Formellement, ce film est aussi une réussite, les réalisateurs ne craignent pas de montrer des scènes où il ne se passe pas grand chose, sinon l’errance et aussi la rêverie. Mais chaque plan est riche en pistes de réflexion pour le spectateur et le parti pris d’un éclairage qui rend le beau temps implacable est aussi riche en signification.

Enfin, il ne faut pas oublier la musique : des chansons de Brigitte Fontaine et Areski Belkacem et aussi des extraits de concert des Wampas qui donnent corps aux rêveries de Not.


Médiathèque Maupassant, 64 rue Édouard Vaillant, Bezons. Tél : 01 79 87 64 00 | Contact | Mentions légales |  RSS