Le Yark

Genre :  un classique (déjà)

Auteur : écrit par Bertrand Santini et illustré par Laurent Gapaillard

Auteur de l'articleArnaud

Publié le lundi 14 mai 2012


"se rencontrer" dans la gueule du Yark, le 9 juin à 16 h

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Un beau jour ou était-ce une nuit, une jeune libraire talentueuse lance aux lecteurs attentifs de son blog une boule de poil hirsute et fleurie aux dents menaçantes et aux mains boudinées par les excès de bouche...Un monstre, tout simplement.
Un mot en quatre lettres poilues et rouge sang s’étale sur la couverture du livre : le yark !


YARK ?
Comme un cri de guerre à l’ancienne. Un mot dont pourrait découler un verbe que je conjuguerais bien dès à présent à l’imparfait du subjonctif.

que je yarkasse, que tu yarkasses, qu’il yarkât, que nous yarkassions, que vous yarkassiez, qu’ils yarkassent...

Un mot - la preuve est faite - prêt à rentrer dans le dictionnaire et dans le bescherelle. Un mot qui est un nom, celui d’un monstre bien plus menaçant que le yéti ou l’arlésienne du Loch Ness. Un mangeur d’enfants, heureusement trop grand pour un placard à balais ou le dessous de lit d’une chambre trop petite. Un ogre mal léché qui prend ses aises sur la couverture crème d’un livre des élégantes éditions Grasset. Sacrilège ?
Courageux mais pas téméraire, je me rassure en notant ma date de péremption yarkienne ; l’âme d’enfant ne comptant pas en la matière. Rassurez-vous, chers parents, vos enfants seront mangés, mais pas vous !

Ce monstre aux ailes minuscules n’a pourtant pas l’air si méchant que ça. Sur la couverture, il sert même de perchoir pour petits oiseaux. J’ouvre le roman et là, stupeur, tremblements... ce monstre n’est pas commode du tout et Laurent Gapaillard, l’illustrateur du livre, le croque sous toutes les coutures, menaçantes puis au fil des pages de plus en plus tendres et sympathiques. Les mots, sous la plume qui rime et rime sans cesse de Bertrand Santini, s’échappent de mes lèvres, prennent du volume, quittent la lecture muette et cherchent un public. Une classe d’enfants ? bonne idée !


Et si ce livre lu devant les classes (pourquoi une seule ?), s’exposait à la médiathèque et donnait lieu à une belle rencontre entre les papas du Yark et des enfants, des adultes, des bibliothécaires et un libraire ?
Ce sera chose faite le vendredi 8 juin pour les classes et le samedi 9 juin pour l’ensemble du public.


Pourquoi un tel engouement, me direz-vous ? Et bien, voici quelques raisons...

1. Le talon d’Achille du Yark : Il ne peut manger que les enfants sages, ce qui est quasi impossible de nos jours : « les chenapans pullulent sur terre comme des pustules au menton des sorcières. Les cours d’école grouillent d’un petit peuple bête et méchant, portrait craché de leurs parents. »

2. Le Yark est une création graphique formidable qui défie les lois de la gravité (d’aussi petites ailes peuvent-elles porter un corps si enveloppé... pour ne pas dire gros !)

3. Bertrand Santini est drôle, très drôle. Sa plume est impertinente et réjouissante et son goût pour les rimes est un bonheur pour le lecteur à voix haute. C’est tout bonnement irrésistible : il suffit de voir les têtes des enfants lors des passages qui les égratignent...

4. Laurent Gapaillard est un illustrateur extrêmement minutieux. Ces dessins rappellent les gravures de Gustave Doré et les idées noires de Franquin. Et pourtant, son trait est totalement singulier et novateur ; comme dans l’affiche qu’il a bien voulu nous réaliser !

5. Le Yark est dans la même collection que l’excellent roman la Boulangerie de la rue des dimanches de Alexis Galmot et Till Charlier

6. C’est un roman qu’on a envie d’offrir et de relire...

7. C’est bon de rire de ses peurs...


Enfin, ce livre est une belle occasion de se poser LA question essentielle :

Sommes-nous ou étions-nous de potentiels déjeuners pour le Yark ?

La réponse me concernant est non, définitivement non... De quoi dormir sur mes deux oreilles...

Et vous ????


Nous vous donnons donc rendez-vous le samedi 9 juin à 16h pour une rencontre suivie d’une dédicace. Avant cette date, deux possibilités pour prendre connaissance du texte :

- Emprunter le livre à la médiathèque


- Suivre les deux lectures à voix haute organisées à la médiathèque : le mercredi 30 mai à 15h et le mercredi 6 juin à 15h !



P.-S.

A l’heure où nous apprenons la disparition de Maurice Sendak, le lecteur trouve matière à émerveillement dans le Yark. Lui aussi, à sa manière, est un maximonstre...


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