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Les brumes du passé

Auteur : Leonardo Padura

Auteur de l'articleJean-Pascal

Publié le mardi 12 mars 2019


« Quizás, quizás, quizás »

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Voilà un auteur prolifique dont l’oeuvre ne saurait exister en dehors de son pays d’origine. Il est principalement connu pour une série d’ouvrages mettant en scène l’inspecteur Mario Conde. Personnage à la psychologie typique du policier ou du privé tels qu’on les connaît depuis leur apparition dans les grands romans noirs américains et dont les enquêtes servent surtout à rendre compte de l’état de la société dans laquelle ils évoluent.

L’Amérique, justement, devenue l’ennemi intime de Cuba, ce petit pays qui a décidé de défier son puissant voisin en menant sa révolution.
Au moment où s’écrit ce livre, où en est-elle ? Et où en est Mario Conde ?
Je fais sa connaissance au moment où il a démissionné de la police. Mais un auteur a parfois du mal à se débarrasser d’un personnage aussi emblématique. Mario Conde, la cinquantaine, n’est plus inspecteur mais pas à la retraite pour autant. Il gagne sa vie en dénichant des livres qu’il revendra à un libraire qui lui-même trouvera des clients. Mais il ne s’agit pas d’une simple activité commerciale. On n’en attendait pas moins de l’auteur qu’il donne à son inspecteur fétiche le savoir nécessaire pour chercher les ouvrages qui n’ont pas seulement la plus grande valeur marchande mais surtout la plus grande valeur intellectuelle et patrimoniale. Et on n’en attendait pas moins d’un écrivain qu’il attache autant d’intérêt aux livres et à toutes les richesses qu’il contiennent.

Mario Conde reste le même homme, garde la même éthique, celle qui l’a fait entrer dans la police pour faire régner la justice, au moins à son niveau...
Aussi, lorsqu’il découvre une bibliothèque renfermant autant de trésors dans une riche demeure délabrée, il prévient qu’il ne servira pas d’intermédiaire pour mettre sur le marché certains livres qui devraient rester à Cuba, être connus du public et non pas seulement de quelques riches collectionneurs privés.
Ses interlocuteurs, Amalia et Dionisio, sont les enfants devenus adultes d’une femme encore présente dans la maison, très âgée et au bord de la folie. Une femme qui fut la plus proche collaboratrice d’un homme d’affaire richissime, lui-même descendant d’une grande famille : Alcides Montes de Oca.
Amalia lui raconte l’histoire de cette famille. L’homme avait demandé à leur mère de garder cette demeure après son départ mais il est mort depuis longtemps, en exil aux Etats-Unis. Ses enfants vont-ils se manifester un jour ? Tellement d’années ont passé ! Aujourd’hui, il faut se résoudre à vendre quelques livres pour survivre…
Pour Mario Conde aussi les années ont passé. Il se revoit plus jeune avec ses amis. Ils ont connu le temps de « l’homme nouveau ». La révolution demandait mais promettait beaucoup. Aujourd’hui, le constat est amer, c’est le temps des désillusions pour cette génération. Plus d’idéal, le dieu Dollar est revenu sur le devant de la scène.. La mafia, qui a fui le pays après les années cinquante renaît toujours et partout, sous une autre forme et avec d’autres acteurs.
Misère et violence ont fait leur réapparition à mesure que la révolution socialiste échouait et que la crise économique s’installait.


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