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Mon cauchemar et moi

Genre :  BD enfantine pour les adultes

Auteur : Yohan Sacré

Auteur de l'articleMélanie L

Publié le mardi 10 mai 2011


"Putain ! C’était quoi ce rêve avec ce cauchemar et sa vieille baraque ?"

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Quatrième de couverture, soit le discours de l’éditeur...

"Quel enfant ne s’est jamais réveillé en pleine nuit en proie à une terreur nocturne ?
Plongé dans un univers haut en couleurs, notre jeune héros brise le tabou des peurs enfantines en se liant d’amitié avec son pire cauchemar. Son parcours initiatique avec cette étrange créature va cependant prendre au fur et à mesure du récit une tournure de plus en plus inquiétante !
A mi-chemin entre le bestiaire fantasmagorique foisonnant de vie de Miyazaki et l’univers gothique de Burton, Yohan nous délivre un conte enfantin qui s’avère plus sombre qu’il n’y paraît".

Et moi, ce que j’en dis... (et qui est quand même vachement plus important)

Le garçonnet bien attachant et très justement croqué par Yohan Sacré sait captiver notre attention. Il nous accroche, avec son expérience du rêve et du cauchemar.

" Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé. Cette sensation étrange de ne pas savoir si l’on dort ou si l’on est bien éveillé... "

Il s’adresse à nous, lecteurs, et partage des sensations et des émotions connues de chacun.

Qui n’a pas expérimenté ceci ?

" Mhmh quand on marche dans le noir et que l’on descend un escalier, arrivé au bout on pense qu’il reste une marche alors qu’il n’y a plus rien. Le pied se perd dans le vide un court instant et une drôle de sensation nous envahit ".

Tout est dit. Nous n’en saurons pas plus. C’est de l’ordre du ressenti. Du vécu. De l’intime.

Le garçon tente de trouver des mots pour décrire l’intime. Et comme c’est intime, alors on ne comprend pas bien. Et comme on ne comprend pas bien, alors c’est poétique.

Le garçon rencontre un monstre dont il ne connait pas la nature. Et ce monstre est tout ça : une drôle de sensation qui nous envahit parfois, un frisson, un cauchemar. Le monstre, c’est à la fois le cauchemar et celui qui vit dedans, celui qu’on croise en cauchemardant. C’est toutes ces choses impalpables et pourtant bien présentes.

Ce garçon, c’est nous, c’est toi, c’est moi, c’est celui que j’ai été ou que tu seras encore. Il n’a pas de nom. Il a un cauchemar.

Avoir un cauchemar pour ami, dormir chez lui, et se balader avec et dedans le cauchemar... quelle idée farfelue ! Mais c’est celle-la même qu’a développé l’auteur. Jouant avec les symboles du conte (la forêt pleine d’embûches dans laquelle on se perd, les bottes rouges, le capuchon...), il n’oublie pas les sensations cauchemardesques du commun des mortels. Nous ne passerons donc pas à côté de cette insoutenable lourdeur de l’être... cette scène de l’enfant qui tombe dans le vide. Tragique ? euh... oui, si l’on excepte la répartie du bonhomme : " Bordel, c’est déjà la deuxième fois ! ça existe pas les chemins sans encombre dans ce foutu monde ? "

Avec son monstre, le jeune garçon parcourt un long chemin semé d’images improbables que seul un esprit rêvant peut construire : une forêt aux arbres inversés, au-dessus desquels volent des pieuvres et dans laquelle habite un cerf à épines. Dans la maison du cauchemar, il faut descendre les marches pour monter à l’étage parce que l’escalier est en sapin. A l’étage, il y a une chambre.

Quand il se couche chez le cauchemar, dans son rêve, le garçon rêve encore. Il rêve de ce qu’il vient de vivre et le transforme. Et c’est lui qui se transforme. Il lui pousse des bois, comme un cerf. Il se met à vomir une fille en sapin. Tout se mélange. Tout est terrible. Ouf. Il se réveille. Il est toujours chez le cauchemar. Il n’a pas rêvé.

Peut-être est-ce toi ?

Yohan Sacré nous apprendra à nous méfier des cauchemars comme de nos lectures. Car le cauchemar n’est pas celui que l’on croit. Et si l’on croit se faire dévorer par son cauchemar, la vie nous apprend aussi à le combattre.

"Les contes de fées révèlent aux enfants que les dragons existent. Les enfants le savent déjà. Les contes de fées révèlent aux enfants qu’on peut tuer ces dragons. »

G.K. Chesterton

Un dessin gracieux, une plongée dans un univers onirique à la fois beau et sombre et aux couleurs tout juste magnifiques, servies sur un papier qui fleure bon le sapin renversé... voilà un bel objet à mettre dans des mains avisées ! Car...


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