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Nightbook

Genre :  Disque de chevet

Auteur : Ludovico Einaudi

Auteur de l'articleMélanie L

Publié le jeudi 24 mai 2012



Musique d’ascenseur italien ?

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Mais non...

Cela fait bien longtemps que je voulais écrire un article sur Ludovico Einaudi, pianiste et compositeur italien, élève de Luciano Berio, pilier de la musique expérimentale et électro-acoustique.

Ludovico Einaudi a son style, et je crois pouvoir dire que j’arrive maintenant à le reconnaître. Mélodies au piano répétitives, aux accompagnements légers de cordes, de percussions, d’électronique. Du classique qui n’en est pas vraiment, une musique contemporaine hors de la scène des contemporains : Ludovico Einaudi fait la musique qu’il aime, et ça s’entend. Et il ne se contente pas de la composer, il la joue. Et on aime... et on a du mal à le classer, du coup ; un peu comme un René Aubry.

D’aucun diront que c’est une sympathique musique d’ambiance, les plus musiciens d’entre nous reprocheront sans doute une facilité, un léger manque d’"incidents" ou de reliefs dans la musique. Un matériau qui ne serait exploité qu’en surface. Certes. L’inspiration est minimaliste, mais ne se frotte pas aux révolutionnaires mélodies d’un Philip Glass. Et alors ?

Adepte des grandes fresques entrainantes, envoutantes, il n’est pas étonnant que ce style ait plu aux publicitaires et aux réalisateurs à la fois : la marque Orange avait choisi sa mélodie Divenire pour sa campagne de 2009-2010 ; Nanni Moretti a utilisé trois titres de l’album
"Le Onde" pour son film Aprile. Plus récemment, le film Intouchables a succombé au compositeur, lui empruntant plusieurs de ses titres, notamment "Una Mattina", ou encore "Fly", pour la BO.


L’album



Avouons-le, je n’ai pas reçu de claque avec cet album. Mais d’autres, précédemment, m’avaient particulièrement emballés (Divenire, Le Onde). Enfin, ne boudons pas notre plaisir, certains morceaux sont fort agréables.

J’attribuerai une mention très bien pour In Principio, la première piste. Introspective, elle ouvre l’album avec élégance et subtilité. Il y a un peu d’Air dans les premières secondes. Et même des flamands roses...

Indaco est un peu dans la même veine, avec son tapis de cordes. Lady Labyrinthe est plus remuante, avec son électronique. Le mariage est réussi, c’est certain. On appréciera le rythme de Nightbook, qui a mon sens représente bien le style de Einaudi.

The Crane Dance est assez jolie, et on se la figure assez facilement dans un film.

The Tower, sombre mélodie jouée au piano, est un large crescendo dramatique. On attend une explosion qui ne vient pas, et c’est tant mieux. C’est avec une douceur progressive que se termine le morceau.

A la première écoute, j’étais moins fan de ses solos, The Snow Prelude N. 15 et The Snow Prelude N. 2, dont j’estimais qu’ils n’apportaient pas grand chose à l’album. A la deuxième écoute, j’ai entrevu la place qu’ils avaient dans l’album : deux moments où l’improvisation semble avoir une large place - mais est-ce le cas -, à la manière d’un Keith Jarrett. Ludovico Einaudi y démontre ses qualités d’interprète, au jeu nuancé.

Rêverie fait un peu "variété", je trouve. C’est sans doute le morceau que je trouve le moins intéressant. Celui où la patte du compositeur est la moins visible.

Bye Bye Mon Amour a d’intéressantes harmonies. L’électronique y est progressivement utilisée, avec parcimonie et grâce.

The Planets joue avec les rythmes ; d’une lenteur telle qu’elle semble ne pas en avoir, elle se voit ponctuée de ce petit rythme qui évoquerait le début d’une valse ou d’un nocturne de Chopin agrémenté ensuite de brumeuses cordes, et d’un fond d’électro, toujours. C’est ainsi que Ludovico a souhaité refermer ce livre de nuit.


Faites de beaux rêves...



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