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Notre quelque part

Auteur : Nii Ayikwei Parkes

Auteur de l'articleJean-Pascal

Publié le mercredi 9 décembre 2015


« C’est par ses paroles qu’on entre dans les pensées d’un autre » (proverbe ghanéen).

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Dans un petit village au coeur de la forêt ghanéenne, une jeune femme lancée à la poursuite d’un bel oiseau pénètre dans une case et y découvre un amas de chair nauséabond qui pourrait être constitué de restes humains... Un mystère de plus dans une Afrique encore mystérieuse, et qui aurait pu rester irrésolu. Mais la jeune femme horrifiée par cette découverte fortuite est la maîtresse d’un ministre Il devient alors impératif de résoudre l’énigme !

Les autorités débarquent. C’est le début de la confrontation de deux mondes illustrée par la réaction de Yao Poku, le vieux chasseur qui narre cette intrusion aussi intempestive qu’improductive. Très attaché à la préservation de son environnement naturel et spirituel, en opposition avec cette modernité qu’il ne comprend pas, ou qu’il ne comprend que trop bien comme le rejet irraisonné des racines de tout un peuple.

Lui sait à qui appartenait la case dans laquelle a été trouvée cette chose indéfinissable et repoussante. Ne pas connaître son propriétaire rend impossible l’avancée de l’enquête. Kofi Atta, fut un homme tourmenté et tourmenteur : la folie s’est emparé de lui et l’amènera à commettre des actes que la morale réprouve, sans que les autres villageois puissent l’en dissuader.

Yao Poku souligne l’importance du respect des anciens, de la famille, des traditions. Aux gens qui n’ont pas de considération pour ce qu’il dit ou représente, à ceux qui, aveuglés par les mirages de la vie occidentale, ne voient de réussite que matérielle, il n’a rien à dire.

Entre Yao Poku et ce ministre avide de pouvoir secondé par un chef de la police ambitieux et qui veulent tous deux des résultats, il y a Kayo Odamtten. jeune médecin légiste formé en Angleterre. Son éducation ne lui a pas fait oublier ses origines : il est à la croisée de deux mondes dont on pressent qu’il saura retenir le meilleur et non le pire, contrairement à ses futurs employeurs. Ces derniers vont savoir trouver les arguments pour le convaincre de travailler sur leur problème. Doit-on dire qu’ils seront convaincants parce que menaçants ? Oui, on le doit et l’auteur le fait, car il ne faut pas manquer une occasion de dénoncer la violence et la corruption des autorités si l’on veut espérer que cela change un jour.

Pour ces hommes pressés les résultats comptent plus que la justice et la vérité qui demandent en général plus de réflexion et d’honnêteté. Autrement dit plus de sagesse et finalement plus de temps !

Alors si il accepte cette mission contraint et forcé, il saura le faire à sa manière et à son rythme. Lui va savoir écouter le vieux chasseur, remonter le cours de l’Histoire et comprendre ce qui s’est passé tout en se ressourçant. En menant cette enquête, Kayo Odamtten va aussi revisiter sa propre histoire marquée par la disparition de son père.

Pour Yao Poku, on ne peut pas vraiment expliquer la mort. Ce sont les ancêtres et les divinités qui décident. Comment tout savoir ? La science a ses limites. Kayo Odamtten dira à ceux qui l’emploient ce qu’ils veulent entendre et gardera pour lui l’enseignement de ce qu’il a appris, acceptant la part de magie qui subsiste en toutes choses et en certains endroits.


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