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Private Domain

Genre :  Classique électrifié

Auteur : Emilie Simon, Paul et Louise, Para one, Murcof, Marc Collin

Auteur de l'articleMélanie L

Publié le vendredi 25 septembre 2009


La musique du passé à l’ère du numérique

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La vision d’où est sorti ce disque



Selon Iko dont je dévoilerai le mystère plus loin, mais qui est à l’initiative de ce projet, ce dernier a pour origine une "vision musicale" née de l’écoute de Bach et de Schubert.

"La violence contenue dans le premier chœur de La passion selon St Jean, m’a beaucoup marqué. Ces appels adressés à Dieu ont finit par tourner dans ma tête, alliés à cette pulsation, cette idée du pied, inéluctable et fort, si typique de Bach et de la musique baroque. En quelque sorte, ici, le rapport entre Bach et la modernité électro m’est apparu criant. Par la suite, c’est avec La jeune fille et la mort de Schubert, que j’ai eu à nouveau envie de pénétrer une œuvre plus en profondeur. C’est un thème assez simple, que Schubert varie à l’infini. Je me suis donc dit qu’avec les possibilités inouïes de l’électronique, il serait possible d’amener dans un autre univers ce jeu de variations. Vous savez, mon travail dans la musique classique est motivé par une forme de recherche de la beauté, de la grandeur, de l’immatériel, des sentiments, de la perfection technique. J’ai trouvé ici une façon de travailler très créative dans laquelle j’ai essayé de transcrire ces visions très personnelles (d’où le titre de Private Domain). L’usage de l’ordinateur m’a permis d’assouvir quelques fantasmes sonores, et m’aidera je l’espère à communiquer avec un nouveau public. Marier la richesse fascinante de l’électronique au classique, c’est pour moi une manière d’alerter l’oreille des gens, de ceux qui, trop nombreux, pensent encore que le classique est une musique terne et lisse !".
(Iko, site des Éditions Naïve)


Le concept



Le concept de cet album est donc très simple, mais il fallait y penser : revisiter de grandes œuvres classiques tombées dans le "Public domain".
Il en résulte un vrai beau mélange de cultures et d’influences : le classique et l’électro, le baroque et la pop, l’ancien et le moderne...
Le classique revisité par des voix non classiques : voilà la bonne idée.
L’occasion donc de découvrir ou de redécouvrir ces œuvres. Prouver s’il en était besoin que le rythme n’est pas né au 20e siècle. Que le classique a la pêche, à l’image de ce premier chœur de la Symphonie n°7 de Beethoven : Wagner y voyait "l’apothéose de la danse", peut-on lire dans le livret. Une musique pulsée et finalement très actuelle, on s’en rend compte.

Cependant, selon Iko elle-même, « il n’a jamais été ici question de poser quelques programmations rythmiques anodines sur un chef d’œuvre classique », mais plutôt que les artistes actuels parviennent « à insuffler leur respiration sur le tempo de l’œuvre choisie et accompagnent d’une résonance personnelle l’harmonie des pièces originales, avec amour et respect », quelque part entre « transcription, arrangement ou véritable recréation ».
(site des éditions Naïve)


Jean-Philippe Rameau, Henry Purcell, Wolfgang Amadeus Mozart, Claudio Monteverdi, Franz Schubert, Guiseppe Verdi, Ludwig Van Beethoven, Gabriel Fauré, Jean-Sébastien Bach ; voilà les compositeurs en présence. De nationalités et de siècles différents (XVIe au XXe siècle). Le mélange des genres commence ici, dans ce choix des œuvres. Il se poursuit dans l’interprétation...


Les artistes en présence



Private Domain est donc le premier album de la mystérieuse Iko et de sa formation de musiciens. Le projet regroupe des interprètes, des arrangeurs et des compositeurs très divers tels que Murcof, le groupe Para one, Émilie simon, Marc Collin, Paul & Louise, artistes issus de la musique électronique et de la pop.

Qui est Iko ?

Un chef de chœur qui a étudié la direction et le chant. Une femme qui veut rester discrète, d’où ce pseudonyme. En fait, je vais vous avouer quelque chose : Je crois qu’Iko n’est autre que Laurence Equilbey, chef de chœur du groupe Accentus. Mais chut.

Qui est Murcof ?

Murcof est le nom de scène de l’artiste mexicain d’electronica [1] Fernando Corona. Ici, Murcof reprend la Jeune fille et la Mort (Death And Maiden) de Schubert ainsi que Amor, d’après le Lamento Della Ninfa de Monteverdi. Deux très belles réussites de l’album. Sans doute mes préférées.

Qui est Para One ?

Para One, de son vrai nom Jean-Baptiste de Laubier, est un jeune producteur d’électro, de pop et de hip-hop français. Il revisite à la lumière de son savoir en électro un fragment du Requiem de Mozart, l’Allegretto de la Septième Symphonie de Beethoven, et La Passion selon St Jean de Bach. C’est déroutant, c’est prenant, c’est... original !

Qui est Emilie Simon ?

Émilie Simon une jeune Auteur-compositeur-interprète de musique électro-pop. Elle a étudié le chant lyrique au Conservatoire national de région de Montpellier pendant sept ans, la musicologie à l’université Paris-Sorbonne, et l’électronique à l’IRCAM. Elle a également un DEA en musique contemporaine. Autant vous dire qu’elle est dans son élément lorsqu’elle reprend avec sa voix si particulière, si limpide, le merveilleux Remember me, d’après l’opéra Didon et Enée de Purcell, accompagnée de touches électro subtiles. Puis elle apporte avec justesse et maîtrise sa touche personnelle à cette mélodie d’après Un rêve de Fauré.

Qui est Marc Collin ?

Marc Collin, producteur et musicien, "popifie" Addio del Passato, l’inoubliable thème de Violetta de La Traviata de Verdi, ainsi que Les Indes Galantes de Rameau. Pour qui connait la version originale composée par Jean-Philippe Rameau, la surprise est immense et très agréable. Pour qui n’avait jamais entendu ce thème, il est impossible de penser qu’il ait pu être écrit en 1735 !

Qui sont Paul & Louise ?

Paul & Louise est un duo français dans la mouvance Pop/Folk. Ici, les deux acolytes adaptent aux côtés de Marc Collin la pièce d’après Les Indes galantes, la Danse des sauvages de Rameau. Les paroles posées sur la musique, Here in this place, ont été composées par le duo.

Qui sont les autres ?

Les parties classiques sont interprétées par plus d’une soixantaine de musiciens et de chanteurs d’ensembles vocaux et de musique baroque les plus réputés. C’est une certaine Jenia, originaire de St Petersbourg, qui interprète Addio del passato, et Piana, d’origine américano-japonaise, issue du monde de l’électro et de la pop, qui chante Amor, récréé sur cet album par Murcof. A la fin de l’album, à la toute fin de la Passion de Bach, c’est la voix grave du comédien André Wilms que vous pouvez reconnaitre.


Les petits plus



Il y a eu quelques autres tentatives de conciliations entre classique et électro, R&B, pas toujours réussies. Ici, les œuvres d’origine sont respectées, mais enrobées de modernité. Jamais massacrées. Les arrangements sont menés d’une main de maître et maîtrisés jusqu’au bout. Iko et son savoir classique n’y est pas pour rien. Aussi, tous les titres sont chantés, même si à l’origine, certaines n’avaient pas de paroles (La jeune fille et la mort de Schubert et la célébrissime Symphonie n°7 de Beethoven, à laquelle a été ajouté un poème de Goethe, lui conférant ainsi une toute nouvelle dimension. Ce choix de paroles n’est pas anodin : il semble plus facile à l’auditeur de s’approprier une musique chantée.

A découvrir au plus vite !


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Notes

[1"L’electronica désigne généralement une musique électronique tournée vers l’expérimentation et qui n’a pas comme vocation première la danse. C’est pour cela qu’on a parfois tendance à la rapprocher de la musique électroacoustique" (Wikipédia)

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