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Techno Parade

Genre :  Contemporain festif

Auteur : Guillaume Connesson

Auteur de l'articleMélanie L

Publié le mardi 27 octobre 2009


Les dinosaures dansent la tectonique... des flaques

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Pour commencer,

"On pourrait tout à fait qualifier la musique de Connesson de "baroque". Prise dans un mouvement unique et sans fin, elle se déroule volontiers dans des formes à compartiments, ne cessant de se renouveler d’une section à l’autre, foisonnant d’idées rythmiques et mélodiques s’engendrant les unes les autres, se répondant de pupitre en pupitre, dans une polyphonie virtuose. Mais son langage sait aussi adapter un cheminement plus dramatique, plus contrapuntique et plus chromatique aussi, pour instaurer un climat tantôt impressionniste, tantôt violemment expressionniste". (Grégoire Hetzel)

La musique en elle-même...

L’album commence par une Techno Parade rythmée comme il se doit, avec une partition de flûte endiablée.
Initials Dances, pour piano, est une alternance de trois danses (une vive, une lente, une vive) dans lesquelles se glissent tour à tour des références au clavecin du XVIIIe siècle, au jazz, au slow, au funk. La deuxième danse "commence comme un menuet lent et capricieux qui va peu à peu s’animer dans un vertige romantique avant de s’abîmer sur un onirisme embué, où les rythmes paraissent se diluer dans l’éternité". (G. Connesson).

J’aime particulièrement le Double quatuor, écrit pour quatuor à vent et quatuor à cordes. Une musique jugée par le compositeur himself "à la fois industrielle et romantique". Très entraînant et époustouflant. On peut la rapprocher de Disco-Toccata au nom évocateur : une pulsation empruntée à la musique disco et un mouvement incessant faisant songer à la toccata baroque. Guillaume Connesson, à coup de notes et de rythme, reconstruit le pont qui existe entre toutes les musiques, et notamment entre la musique "classique" d’hier et la musique populaire d’aujourd’hui.

Le rire de Saraï (la plainte d’Agar) est une œuvre magnifique teintée de touches impressionnistes. Le Sextuor vaut le détour, avec ses trois mouvements "Dynamique", "Nocturne" et "Festif". "Le Nocturne central est une confidence douce et douloureuse chantée par la clarinette sur les tapis harmoniques des cordes et du piano" (G. Connesson).

Jurassic Trip, enfin, est un hommage "aux merveilleux modernes et à la mythologie des enfants d’aujourd’hui", autrement dit un hommage à la fois à des compositeurs amis et... aux dinosaures. Et ne voyez entre les uns et les autres aucune parenté !

On entend les cris de dinosaures dans la jungle : c’est génial. Bien sûr, on ne peut éviter de penser au fameux Jurassic Park de Steven Spielberg...

Jurassic Trip se présente comme une série de sept pièces aux noms évocateurs : "Paysage marécageux" (dédié à Jean-Louis Florentz), "Chasse marine du Plésiosaure" (à Marcel Landowski), "Attaque des Raptors" (à Paul Malinowski), "Petit carnivore" (à René Bosc -il doit être content !), "Vol en rase-mottes des Ptérodactyles" (à Thierry Escaich - il n’y a vraiment qu’en musique contemporaine où on puisse se permettre des titres pareils), "Déjeuner du Brontosaure" (à Jean-François Zygel), animal de vingt tonnes qui ne pouvait être représenté que par un violoncelle et une contrebasse, et enfin "Combat des Tyranosaures" (à Pascal Zavaro).
"La partition s’achève sur le cri déchirant et mortel du vaincu".

Mon avis

Guillaume Connesson sait être subtile, beau, déchaîné, incisif, inventif, extravagant dans sa musique. Une large palette d’émotions s’ouvre...

Lisez les explications de Guillaume Connesson qui sont dans le CD : elles aident à percevoir plus justement sa musique. Et en bonus, un DVD !

Le site officiel

En gros, vous l’aurez compris, cet album est un joyeux mélange de tout ce que l’on aime dans la musique.

Un album qui réconcilie définitivement l’auditeur perdu dans les rayonnages de la musique contemporaine.

P.-S.

Si vous aimez cet univers (ce dont je ne doute absolument pas), jetez donc une oreille à ce deuxième disque que nous avons de Connesson, qui comprend les œuvres "Athanor" et "Supernova".


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