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The Smiths - The queen is dead

Auteur de l'articleEmmanuelle

Publié le lundi 6 avril 2020


Apogée des Smiths

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  • Sorti en 1986, The queen is dead est le troisième et avant-dernier album des Smiths. Groupe originaire de Manchester, The Smiths réunissent Johnny Marr, guitariste et compositeur, le chanteur et parolier Steven Patrick Morrissey, le bassiste Andy Rourke et le batteur Mick Joyce. Il confirme leur génie musical et les propulse au panthéon des plus grands noms du rock britannique. Emblématiques des mid-eighties marqués par l’austérité thatchérienne, The Smiths apportent un souffle de provocation critique teinté d’un sombre romantisme.
  • Album de rock alternatif annonciateur de la future britpop, il contient un certain nombre de tubes dont Bigmouth strikes again, There is a light that never goes out, Cemetry gates, Vicar in Tutu…
    Les références au cinéma et à la littérature sont très présentes. En premier lieu, la pochette du disque où l’on aperçoit Alain Delon dans une scène issue du film d’Alain Cavalier L’insoumis (1964). Ensuite, c’est un extrait d’une chanson apparaissant dans un film anglais qui est reprise au début de l’album, Take Me Back to Dear Old Blighty. Il s’agit de The L-shaped room (La chambre indiscrète, 1962) réalisé par Bryan Forbes, film inspiré du roman éponyme de Lynne Reid Banks. Le titre enfin, reprend celui de la première nouvelle du livre de Hubert Selby Jr., Last exit to Brooklyn. The queen is dead résonne comme un écho désenchanté à la férocité outrancière du God save the queen vociféré par les Sex Pistols une dizaine d’années auparavant.
  • Elu meilleur album de tous les temps par le New Musical Express, The queen is dead a pourtant été enregistré dans des conditions houleuses. Cet avant dernier opus annonce la séparation imminente du groupe. Des dissensions entre les quatre musiciens apparaissent, Morrissey tend à prendre de plus en plus le devant de la scène, Andy Rourke est convié à devoir quitter la place, Johnny Marr aspire à d’autres horizons musicaux, sans compter les problèmes que le quatuor rencontre avec leur label, Rough Trade. Certains textes de Morrissey en témoignent d’ailleurs de façon plus ou moins amère (Cf. Frankly, Mr. Shankly et son évocation du président de Rough Trade). Les autres thèmes, la solitude, le sentiment de n’être nulle part chez soi dans cette société sclérosée parsèment l’écriture acerbe mais toujours élégante de Morrissey. Elle offre un talentueux contrepoint à l’atmosphère pesante que connaît cette génération post-punk désillusionnée. La légèreté du Swinging London est définitivement enterrée.
  • The queen is dead, marque l’apogée des Smiths qui continuent encore aujourd’hui d’influencer d’innombrables musiciens de la scène rock indépendante.

The Smiths
The queen is dead
(Clip realisé par Derek Jarman)


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