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Wish you were here

Genre :  album mythique

Auteur : Pink Floyd

Auteur de l'articleMélanie L

Publié le vendredi 29 janvier 2010


Électrisant

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Wish You Were Here, c’est le neuvième album studio des Pink Floyd, enregistré dans les mythiques studios d’Abbey Road et sorti en septembre 1975.


Le groupe



Pink Floyd, c’est ce groupe de rock progressif et psychédélique britannique né dans les années 60 et qui a inventé un « son ». Le « son Pink Floyd ». Reconnaissable entre mille. Copié -du moins il y eut quelques tentatives -mais jamais égalé. Progressif, planant, hyper original. Un groupe bien à part dans l’histoire du rock, célèbre autant pour sa musique et ses albums concept très élaborés que pour ses textes tantôt philosophiques, tantôt politiques, sans oublier ses performances scéniques hors du commun.
L’esprit du groupe et son son est parfaitement représenté par ce fameux concert filmé à Pompéi, sans public. Le groupe y joue seul au milieu des ruines, dans une atmosphère tellement particulière ! Le concert, sorti en salles, est également devenu mythique.

Les Pink Floyd, à cette époque et pour cet album Wish You Were Here, c’est David Gilmour (chant, guitare, claviers), Roger Waters (chant, basse, guitare, synthé), Nick Mason (batterie, percussions) et Rick Wright (clavier, synthé, chœurs). Syd Barrett, l’un des membres fondateurs du groupe, en a été exclu en 1968 en raison de son instabilité. Drogue, schizophrénie et musique ne font pas si bon ménage... Pour la petite histoire, c’est David Gilmour qui est appelé pour remplacer Syd Barrett. Roger Waters devient alors progressivement le meneur du groupe. C’est lui qui compose la plupart des morceaux et écrit toutes les paroles, de 1972 à 1985, date à laquelle il décide de quitter le groupe qui selon lui a perdu sa créativité.


Des albums, du psychédélique aux expérimentations musicales



Albums enregistrés en studio

The Piper at the Gates of Dawn (1967), A Saucerful of Secrets (1968), Ummagumma (1969), Atom Heart Mother (1970), Meddle (1971), The Dark Side of the Moon (1973), Wish You Were Here (1975), Animals (1977), The Wall (1979), The Final Cut (1983), A Momentary Lapse of Reason (1987), The Division Bell (1994)

Albums enregistrés en concert

Ummagumma (1969), Delicate Sound of Thunder (1988), P.U.L.S.E (1995), Is There Anybody Out There ? The Wall Live 1980-81 (2000)

Bandes originales

More (1969), BO du film de Barbet Schroeder, Obscured by Clouds (1972), bande sonore pour le film de Barbet Schroeder La Vallée


Wish You Were Here : l’histoire d’un album devenu mythique



L’un des meilleurs. Le meilleur ? C’était l’avis de David Gilmour et Rick Wright qui ont déclaré plus tard que c’était parmi les albums du groupe leur préféré.

«  En ce qui me concerne, je dois dire que c’est mon album favori, l’album Wish You Were Here. Le résultat final de tout cela, quoi que cela ait été, a définitivement laissé pour moi un album dont je suis très, très heureux. Je l’aime énormément  » (Gilmour)

Quant à moi, mon cœur balance entre Wish You Were Here et Atom Heart Mother, également admirable.

Avec cet album, le groupe poursuit ses expérimentations musicales, notamment avec l’usage du synthétiseur VCS3, celui-là même qui avait été utilisé pour l’album The Dark Side of the Moon. Au début de Shine On You Crazy Diamond, on peut entendre des sons produits par un doigt passé sur le bord de verres plus ou moins remplis.

L’enregistrement de cet album ne fut pas une partie de plaisir pour les membres du groupe, épuisés par la tournée Dark Side of the Moon.

«  Je dois dire que c’était une période très difficile. Tous nos rêves d’enfants avaient été en quelque sorte réalisés, nous avions les plus grosses ventes de disques au monde et tout ce que ça supposait ; les filles, l’argent, la gloire, et tout ça, c’était... tout nous avait comblé, en quelque sorte, et il fallait redéfinir la raison pour laquelle nous continuions, et ç’aura été une période plutôt confuse et assez vide pendant un moment...  » (David Gilmour)


Les titres


1. Shine On You Crazy Diamond (Part One) (Gilmour, Waters, Wright) [1] -13:40

2. Welcome to the Machine (Waters) -7:38

3. Have a Cigar (Waters) -5:08

4. Wish You Were Here (Gilmour) -5:34

5. Shine On You Crazy Diamond (Part Two) (Gilmour, Waters, Wright) -12:31

Shine One You Crazy Diamond est né sur scène. Nous sommes en 1974. Le groupe interprète et développe cette nouvelle composition en première partie d’un concert où est jouée l’intégralité de l’album The Dark Side of the Moon, jusqu’à atteindre les vingt minutes. Le prochain album est là. Il sera créé autour de ce fameux Shine On You Crazy Diamond. Pensée comme l’œuvre centrale de l’album au début, c’est au cours de l’enregistrement que l’organisation change ; C’est Roger Waters qui pense à diviser la pièce en deux. Elle débutera et clôturera l’album. Au milieu seront insérées trois autres compositions : Welcome to The Machine, Have a Cigar, et la pièce éponyme de l’album Wish You Were Here.

L’album s’ouvre donc sur Shine On You Crazy Diamond. Une longue introduction musicale s’étend jusqu’à l’apparition de quatre notes répétées, introduisant la batterie et un rythme tout à fait diférent, avant que ne soient introduites les paroles, après 9 minutes. Quasiment instrumental, ressemblant à « Echoes », ce morceau est en fait un hommage à Syd Barrett dont le souvenir plane toujours.

Welcome to the Machine et Have a Cigar constituent une critique de l’industrie du disque, celle-là même qui selon les membres du groupe aurait précipité la chute de leur ami Barrett. Le mépris de l’industrie du disque, dans Have a Cigar, est critiqué par le biais de paroles telles que «  by the way, which one’s Pink  » (« au fait, lequel d’entre vous est Pink ? »), une question qui fut réellement posée au groupe. La chanson se termine par «  we call it riding the gravy train  » (« on appelle ça la pompe à fric »).

Le tout forme un album assez cohérent autour de la personne de Syd Barrett, qui pourrait être interprété comme un résumé de son ascension et de sa chute. C’est aussi plus généralement un album sur l’absence.

«  Remember when you were young, you shone like the sun  » (« Rappelle-toi ta jeunesse, tu brillais comme le soleil »)

«  You reached for the secret too soon, you cried for the moon  » (« Tu as découvert le secret trop tôt, tu as hurlé à la lune »)

Pendant l’enregistrement de l’album, Syd Barrett fera d’ailleurs une apparition dans les studios. Changé physiquement, tenant des propos incohérents, les membres du groupe ne le reconnaîtront pas immédiatement. Cette visite fut difficile pour les membres du groupe, attristés par l’état de leur ami.

Welcome to the Machine débute par un bruit de porte qui s’ouvre dans une ambiance très « industrielle » et s’achève avec le son d’une sirène puis des bruits de gens qui semblent faire la fête. La transition entre Have a Cigar et Wish You Were Here consiste en un bruit de radio que l’on règle. Elle passe par plusieurs stations, avant de s’arrêter sur celle qui joue Wish You Were Here. À la fin de la chanson on peut entendre le bruit du vent, introduction au morceau final. L’album s’achève sur cette seconde partie de Shine On, avec une longue conclusion instrumentale.

L’album sort le 12 septembre 1975 au Royaume-Uni et le lendemain aux États-Unis. Il est immédiatement en tête des ventes.


L’image Pink Floyd



Car tout est mythique chez les Pink Floyd, des albums aux pochettes d’albums, en passant par les concerts. Rien n’est laissé au hasard dans la pochette de cet album. Tout est symbolique, de l’idée de cacher la pochette de l’album par un emballage en plastique noir (symbolisant ainsi l’absence de pochette, l’absence étant l’une des thématiques de l’album) à celle de cette poignée de mains : poignée de main de deux personnages et poignée de main de machines, soulevant l’absurdité et l’absence de sens, à l’image de Welcome to the Machine et Have a Cigar. Un autocollant représentant ces deux mains mécaniques sera placé sur le plastique noir.


Mon avis



Un album contrasté, oscillant entre l’émotion et le sarcasme, intéressant et touchant, sincère (bien qu’ayant été accueilli froidement par les critiques), accessible et pouvant plaire au plus grand nombre, nécessairement embelli et influencé par l’hommage à l’ex-leader du groupe Syd Barrett. La fin est ! somptueuse. Un disque sans faille et qui n’a pas pris une ride.



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Notes

[1Toutes les paroles des chansons sont écrites par Roger Waters. Entre parenthèses sont indiqués les compositeurs des morceaux.

1 Message

  • Wish you were here 5 février 2010 17:39, par Madalan

    Bon, c’est vrai que c’est un album extraordinaire. Je l’ai écouté pour la première fois en Allemagne à l’été 75 dès sa sortie là-bas. J’en garde réellemnt un souvenir lumineux. Cependant, il n’est pas mon album préféré du Floyd malgré ses qualités indéniables. Je préfère la B.O. du film "More" pour son éclectisme musical (rock assez "hard", complaintes planantes, et même espagnolade assez réussie ! J’aime aussi "Ummagumma" pour le lyrisme du premier disque en public et puis "Meddle" époustouflant de virtuosité tout comme "Atom Heart Mother". Sinon, le DVD "Live à Pompéi" mérite l’attention (ne pas manquer l’instrumental en studio avec l’aboiement de chien !


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