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C’est moi qui LAPIN !

Genre :  Album pour tous à partir de 2 ans

Auteur : Jean Gourounas

Publié le vendredi 27 mai 2011


Et toi, tu LAPIN ?

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Revoici l’esprit malicieux de Jean Gourounas, mais dans des tons un peu plus tendres que ses ouvrages précédents (on se souvient de l’humour noir caustique de Opéra bouffe [2001], Sale bête [2004], Tyranik [2005], ainsi que Grosse légume [2003] pour sa "chute", au sens propre, désopilante, et la fantaisie d’Avis de tempête [2002]) : peut-être un rappel d’Un Câlin (2007), jusque dans les teintes de la couverture : bleu ciel, orange, blanc et vert, des couleurs qui évoquent la tendre enfance, pétillante et acidulée tout en douceur. Un Câlin était un peu plus vaporeux, dans le moelleux des doudous et la mousse de la lessive et des nuages. Là, notre Lapin a des aplats bien nets, un graphisme tout en rondeur jusque dans la typographie, au titre blanc comme le pelage du Lapin. On retrouve même peut-être la forme qui appelle les câlins des doudous dans la bouille orange en nuage de notre Lapin.

Le format a un peu changé : les quatre albums grinçants d’Opéra bouffe, Avis de tempête, Sale Bête et Tyranik prenaient la forme carrée de la collection originelle du Rouergue ; Grosse légume se miniaturisait pour un petit format tenant dans la main comme un sachet de graines (collection "12x12", avec en couverture la chenille gourmande, héritière de celle d’Eric Carle mais à la fin plus tragique...), regorgeant pourtant de toute une bonne récolte de potager -qui se déploiera sur un plus grand format à sa réédition. Un Câlin s’allongeait pour laisser place aux ébats des doudous vert et orange, une fois ouvert le livre en grand carré (d’ailleurs il était vendu dans un coffret carré pour y joindre les deux doudous en éponge). Cette fois, notre Lapin a droit à un plus grand format, un peu moindre que ce dernier grand carré-double rectangle. Il laisse ainsi au portrait du Lapin toute son ampleur et sa jovialité, pour appeler les petites mains lectrices ou demander un câlin à son tour.

1ère édition
2ème édition
en coffret

Le titre parle de lui-même : que ceux qui ne veulent pas en déflorer la poésie sautent ce paragraphe... (d’ailleurs c’est le double tranchant d’une telle analyse, outre le plaisir du rebondissement et des échos, face au surgissement de l’album lui-même)

Parce que non, je ne parle pas "lapin", comme d’autres parlent schtroumpf. Mais non, on n’y est pas du tout : éloignons notre lecture par les yeux et l’écriture et laissons sonner le texte comme le petit lecteur-auditeur le lit par les oreilles. Et là, tout est clair : bien sûr, quand on écoute enfant les paroles des autres, parfois on associe et colle des mots (ou on en coupe) pour en faire d’autres qui n’ont pas le même sens. Mais tout fait sens pourtant : l’écoute enfantine est d’emblée poétique, par collage surréaliste, ce que savent bien les comptines, d’apparence parfois absurdes.

Un autre indice de la langue enfantine : la tournure si difficile "C’est moi qui..." Une petite leçon de grammaire ? pas la peine : "Puisque c’est comme ça, moi, je m’en va !" dit Olga dans Histoire de l’Oeuf d’Ilya Green.

Et l’on verra que les capitales du mot LAPIN ont aussi leur importance, outre la mise en évidence de l’énigme : il s’agit aussi de nommer l’image (du personnage) comme un imagier.

Bon, on a compris, et sinon, pour les durs d’oreilles ou de la comprenette, l’énigme a sa réponse en fin de livre.

Ceci est donc un lapin ("C’est moi [qui] lapin" ? on a vu que non, ou pas seulement - "Ceci n’est pas un lapin", pourrait dire tout autant Magritte). Des lapins stylisés, épurés, on en connaît, familiers de la petite enfance (Dick Bruna, Malika Doray - voir aussi la couverture de Couleurs = Colours de Malgorzata Gurowska, un imagier justement mêlant découverte des animaux et des couleurs) : qu’a celui-ci de particulier ?

Ouvrons le livre sur la première page, pages de titre et de garde : une "tache" est laissée, comme une estampille, une trace de patte ou un nuage ? et en miroir contrasté, blanche sur le fond gris léger de la page de titre, bleu ciel comme la couverture pour "signer" le nom de la collection "Varia".

Tournons la page : Ah ! voilà le fameux Lapin du titre ! (mais en même temps pas tout à fait le même : cette fois, on parle bien d’un lapin) Sur la page de droite (page traditionnelle de l’illustration dans les albums classiques), tout blanc comme il se doit, doudou tout neuf tout propre ou forme découpée dans une feuille blanche, sur fond du même gris brumeux de l’ouverture. Sur la page de gauche, le texte tout simple, de cette même typographie aux douces rondeurs, qui pose des mots sur ce qu’est cette page, pour la réaliser en la disant : « Avec du BLANC / je fais une page », deux lignes qui apparaissent en plus gros que les deux suivantes : « une page blanche / comme neige. » (Et nous de nous rappeler le fameux petit album de Remy Charlip, On Dirait qu’il neige, ou Le Petit Chaperon blanc de Bruno Munari, en statut primordial du livre, support de l’imagination : voici un autre héros tout blanc, marqué pour l’instant seulement de deux yeux, un museau et un nombril, pour le caractériser et le signaler, comme les yeux du Petit Chaperon blanc qui nous regardaient).

Mais pourquoi tant de blanc ? Une page blanche ? L’angoisse de la page blanche ? Non ! Bien au contraire, l’envie de créer un nouvel univers, comme l’Amos d’Anne Cortey et Janik Coat qui cherchait les couleurs dans son monde en noir et blanc (Amos et le pays noir). Préparez vos couleurs : on va s’amuser ! On a toute une page blanche pour laisser libre cours à son imagination.

Page suivante : du VERT ! Toute la page de gauche prend la couleur vert acidulé, qui déborde sur la page de droite comme si on avait marché dans la première pour laisser ses traces au fil de la lecture sur la suivante. « Avec du VERT / je fais un pré ». Nous voilà justement plongés dans le vert du pré ! au raz de l’herbe même, plus d’horizon, que ce vert tendre, pleine page.

On continue notre promenade : ah, à la page suivante, nous voyons mieux l’horizon, le pré se dessine sous nos yeux, légèrement arrondi comme une colline. Et revoilà le Lapin ! C’était donc lui qui avait marqué de ses pas la page de taches vertes en se promenant sur les pages ! Ses pattes ont en effet pris la couleur de l’herbe, comme de l’herbe fraîchement coupée ou celle qui marque les genoux quand on se roule dedans, mais les traces sont plus pleines et nettes comme la peinture (à suivre comme celles d’Une Aventure invisible de Juarez Machado [1975] ou Sur la Piste des couleurs de Philippe Borsoï et Michel Habert [1994], où se trace et danse tout un tableau d’empreintes - C’était l’hiver d’Aoi Huber-Kono en joue aussi, mais sur la neige, blanc de la page - et encore Devine qui fait quoi et Devine qui a retrouvé Teddy de Gerda Muller...). On voit d’ailleurs le Lapin en mouvement, ses bras se balançant entre ses deux premières apparitions, ses pieds en marche.

Et ainsi au fil des pages, les autres couleurs vont apparaître les unes après les autres, comme si on sautillait sur la palette du peintre pour plonger entièrement chaque fois dans l’univers d’une seule couleur, tout en les nommant l’une après l’autre (en capitales, comme pour apprendre les mots dans un imagier) : d’abord bleu ciel (des formes de nuages en négatif apparaissent, qui nous rappellent la "patte" de la page de titre : sont-ce des pattes bleues, si le lapin a mis les mains dans la couleur, ou des nuages stylisés ?), et voilà que le paysage se précise : un ciel bleu au-dessus de notre pré vert, quelques nuages blancs pour bien dire que c’est le ciel, mais que l’on retrouve en négatif justement sur les pattes du lapin (qui a bien sûr gardé ses pieds verts).

Puis le jaune : le soleil, bien sûr (comme on l’associe immédiatement à cette couleur). Tiens, il est drôle le soleil, une forme un peu ovoïde, avec un point blanc au milieu. Un œuf avec une graine ? (on pense à L’Oeuf du soleil d’Elsa Beskow [1932, réédité en 1994]) Cherchons voir sur la suite des pages. Ah, mais bien sûr : c’est le bidon du lapin, avec son nombril bien au milieu du point blanc, le centre du centre, pour bien le reconnaître. Et le soleil apparaît aussi en haut du ciel bleu de notre paysage : il semble flotter un peu, à se déformer ainsi -un effet d’optique de réverbération ou sous la chaleur ? Il illumine d’autant plus qu’on ne s’attendait pas à cette couleur, apprivoisés que nous étions par celles franches de la couverture. Et quel jaune ! c’est éclatant.

Alors, ne nous arrêtons pas sur cette couleur : vivement d’en essayer d’autres encore ! Et voilà du violet (on n’attendait justement que la complémentaire du jaune pour mieux vibrer -nous retrouvons ainsi les trois couleurs primaires, avec le rouge orangé, et les trois complémentaires, quand apparaîtra le roux pour la complémentaire du bleu, le noir, le blanc et le gris : toute la palette pour créer un monde) : le violet des fleurs, bien sûr ; et pourquoi pas marquer les oreilles du Lapin aussi ? Les aurait-il trempées dans la peinture, après s’être barbouillé le ventre de jaune ? C’est trop rigolo de se peindre en même temps que la feuille !

Rappelez-vous Les Petits Peintres nus, de Seung-Yeoun Moon, illustré par Suzy Lee, que l’on connaît bien déjà pour son goût des éclaboussures de La Vague, comme on l’a retrouvée ce mois de février : un vrai feu d’artifice à la Jackson Pollock, en se roulant dans la peinture pour suivre Yves Klein -une autre partie de peinture plus dramatique avec les corps nous revient aussi de Kippour d’Amos Gitai, peintures qui se mélangeaient une fois les corps retrouvés loin des batailles, dans un combat autrement charnel, avec l’ambiguïté de la boue de la guerre et le mélange des couleurs - mais c’est une autre histoire ! quoiqu’elle rejoigne l’idée de la paix en dialogue avec la création au fil de l’exposition REV’arts.

Mais revenons à nos lapins. Et revoilà l’orange annoncé sur la bouille de la couverture : un papillon ? Oui, mais aussi un masque pour le Lapin ! ou juste pour déterminer son visage, comme les autres parties de son corps colorés. C’est fête, on se maquille et les papillons signent le printemps, renaissance de la nature comme la petite enfance du lecteur.

Que de couleurs à partir d’une page blanche ! mais le noir ? C’est bien aussi une couleur ? Où est-il ? (pas de dessin au trait jusque là, à part le museau en gris du Lapin -juste des aplats bien nets - le noir n’apparaissait que pour le texte de deux pages du début et pour les yeux du Lapin ouverts sur le monde) Eh bien nous y voilà : le contraste noir et blanc. Bien sûr : « Alors, / avec du NOIR / je fais une nuit, » Tiens tiens, une forme blanche découpée sur une page noire ? Cela ne rappelle-t-il pas les imagiers de Tana Hoban, ces albums du premier âge, ceux par lesquels on peut découvrir le monde des livres à quelques mois de vie ? Ceux-ci nous montraient déjà des doudous (nounours, poupées). Ici, c’est LE Lapin de l’histoire, le Lapin peintre qui se met en scène (lumière blanche / lumière noire). Mais c’est aussi à la nuit tombée qu’il est l’heure de se coucher. Et que devient le Lapin ? Il est tout blanc ! A-t-il pris son bain (comme "les Petits Peintres nus") avant de se coucher ? Pourtant on ne voit plus même ni ses yeux, ni son sourire, ni son nombril de son portrait du début ! Ils n’ont quand même pas disparu avec l’eau du bain ? Ou bien alors, c’est qu’il nous tourne le dos, le coquin. Pour nous dire au revoir bonsoir ? Ou pour nous montrer ses !

Attention, attention : une pirouette et le revoilà ! Son sourire, ses yeux, et bien sûr ou surtout son nombril, tracés de gris comme au début, sauf ses yeux blancs, qui brillent sans doute dans le noir. C’est qu’on a inversé le contraste, positif en négatif (mais le noir devenu blanc n’est pas tout à fait blanc : légèrement gris comme la première page), comme si on voyait dans le noir. A moins qu’il n’ait voulu cette fois se barbouiller de noir, pour jouer à nouveau avec cette autre couleur, tandis que le noir, « une nuit bien noire » recouvre le paysage « et la page / tout en même temps. »

Un peu de lumière dans tout ce noir ? voilà la lune : une lune rousse, comme d’autres lapins sont roux -« avec du ROUX / je fais une lune » ("Au clair de la lune, / Trois petits lapins..."). Une drôle de lune : elle paraît double. Ou bien ou bien ! rappelons-nous que le coquin de Lapin dans une pirouette a voulu nous montrer ses ! la lune ! Eh oui, deux belles lunes rousses sur son petit derrière, « pour éclairer la nuit, / une lune toute douce ». Ainsi le Lapin s’est peint sous toutes les facettes, devant derrière, recto verso des pages.

Mais ce n’est pas fini : toutes les couleurs que l’on a découvertes dans cette peinture de paysage, reprenons-les pour jouer encore avec, des confettis, des éclaboussures, des étoiles dans la nuit, qui parsèment le firmament autour de la lune rousse, et cette fois sur une pleine double page comme le regard plonge dans le ciel étoilé. Après tout, il restait bien quelques traces de peinture sur le Lapin, même après débarbouillage ? Ce sont aussi les couleurs des rêves : « plein d’étoiles / pour illuminer / tes rêves. / Tu aimes ! ? » Trois petits points de couleur ! de séduction et de tendresse.

« C’est moi qui LAPIN ! » nous dit fièrement la dernière page, le Lapin ou le narrateur : qui "LAPIN" ? le Lapin-personnage ou l’auteur qui a dessiné/fait le Lapin ? ou le lecteur qui dit cette dernière phrase, qui "(l)apin" le paysage au fil de sa lecture, de sa tourne des pages. Mais c’est seulement maintenant que le lapin est en même temps nommé : son nom est le dernier mot de l’histoire. C’est sa création qui le nomme, son oeuvre lui donne son identité. Désormais son univers est bien créé : son portrait en gros plan s’étale sur la double page, on en oublie le livre que l’on tient en main. Et l’on voit bien sur cette page de garde que le coquin de Lapin ne s’est pas bien nettoyé les mains pour se coucher : un point de couleur sur chacun de ses doigts fermés sur la couverture de son petit lit (qui est aussi le verso de la couverture du livre) - ou peut-être sur le livre-dessin qu’il nous tend (à moins que couverture et paysage soit le même : il se couche dans son livre), doigts fermés comme ses yeux sur ses rêves de couleurs.

L’histoire est finie ? pas tout à fait : fermons le livre, la patte du lapin nous dit au revoir (ou nous fait juste signe en brandissant sa patte-pinceau si on ouvre complètement le livre en regardant les deux versants de la couverture), signe à nouveau son œuvre (à nouveau sa double marque comme sur la page de garde de l’ouverture, en bleu/blanc, positif/négatif, ou découpé-collé, patte/nuage), sous un petit mot écrit en bien plus petit, un petit mot susurré pour bercer : « Dors bien / car demain, l’histoire, / c’est toi qui LAPIN ! » Un petit mot glissé à l’oreille de qui ? du Lapin qu’on a bordé ? Mais alors, comme on vient de l’évoquer, il n’est pas sûr que ce soit le Lapin le peintre, mais l’auteur de l’album qui invite son personnage à prendre à son tour les pinceaux. Ou bien au lecteur / auditeur (à qui on lit l’histoire du soir avant de le border aussi) ? à lui alors d’inventer d’autres histoires avec ses propres couleurs. Et pourtant, par sa lecture (en tournant les pages), il a déjà bien contribué à la création du paysage que l’on a vu se former au fil des pages. L’auteur ou le Lapin passe la main (la patte du Lapin qui boucle le livre). "Quand lire c’est faire" (cf. Stanley Fish - après John Austin)...

En annonçant ainsi une re-lecture ou nouvelle peinture le lendemain, on se laisse aller au plaisir de la répétition, jamais pourant la même. "On recommence ?" se termine Alboum de Christian Bruel et Nicole Claveloux.

Et pour une fois, cette quatrième de couverture, tout en intriguant l’œil du lecteur en quatrième de couverture digne de ce nom, par le rappel du titre énigmatique, est à lire aussi comme les derniers mots de l’histoire : la lecture se suit jusqu’au bout du livre, on crée l’histoire, comme le Lapin avec ses couleurs, et donc le livre en le manipulant au sens propre (mais aussi une belle manipulation de l’auteur avec son lecteur qui se joue en même temps de son personnage).

Un texte concis et précis pour jouer avec les mots et les couleurs, au style aussi épuré que celui du graphisme de cet album aux couleurs éclatantes. Le paysage prend forme au fil de la découverte des couleurs, que l’on nomme (en capitales) pour mieux se les approprier, aussi franches pour que tout soit clair et distinct (et les associations sont évidentes, immédiates : le vert c’est évidemment l’herbe, le bleu le ciel, le jaune le soleil), comme un imagier ou un nuancier (on nomme : on crée le monde). Et en même temps on prend conscience de son corps en en marquant les parties (pieds, mains ou pattes, visage, oreilles -très importantes pour un lapin -, ventre centré sur le nombril, et la lune du derrière), comme on se forge son identité - tels les jeux de doigts, mais en marquant le corps explicitement de peinture. Une simplicité pour éveiller les plus petits à la création mais qui résonne aussi chez les plus grands, se mariant à un humour aussi léger que le geste du peintre, à tout âge. C’est avec désinvolture que l’on joue et se raconte des histoires pour grandir.

On voit ainsi avec le paysage se créer le livre même sous nos yeux, sous la patte du Lapin. Une peinture magique ? (comme la pensée magique de l’enfance : on crée les choses et les événements quand on les pense) Cette histoire toute simple entre alors en résonance avec d’autres contes plus anciens, qui resurgissent revisités au fil d’albums divers mis en abyme : une exploration à suivre, où dialoguent plus amplement art et littérature (l’essence même de l’album où se répondent et se complètent texte et image) !

Et si de là nous allions à REV’arts :

C’est kiki LAPIN ?

P.-S.

Merci au site Papier de soie pour les reproductions de certaines pages, et bien sûr aux éditions du Rouergue et à Jean Gourounas !


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