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L’illusionniste

Genre :  Un dernier Tati pour la route

Auteur : Sylvain Chomet

Auteur de l'articleArnaud

Publié le vendredi 11 mars 2011


Monsieur Hulot en Écosse

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La prudence règne à l’entrée des salles de cinéma. Un film d’animation de l’auteur des triplettes de Belleville basé sur un scénario inédit de Jacques Tati peut faire frémir au moment de passer à la caisse. Tati divise encore, les triplettes aussi...


La faute à "playtime" souvent incompris par ceux qui ne savent pas l’adorer. La faute à l’originalité des triplettes. La tiédeur n’est pas de mise quand il s’agit d’appréhender un mix de deux univers singuliers et poétiques.

La rencontre entre Tati et Chomet se joue dans "l’illusionniste", film qui vient de recevoir le césar du meilleur film d’animation. Un tête à tête ? Non, au bout de quelques minutes de film, un troisième larron, Charlie Chaplin, s’invite à leur table. Jugez-en par l’histoire... Le film quasi muet raconte l’histoire d’un illusionniste en fin de carrière, dépassé par la mode et les goûts d’un public pour qui la magie n’est décidément qu’illusion... La nuit tombée, pour une jeune femme croyant encore à la magie, il fait de petits boulots où son art de l’illusionnisme ne convainc pas.
Cela vous rappelle deux films de Chaplin ? Bravo, cela évoque bien deux films magnifiques : "les feux de la rampe" et "les lumières de la ville". Dans le premier, Chaplin joue un clown dont l’insuccès sonne la fin d’une carrière. Son numéro est présenté devant des salles vides. Il prend même sous sa protection une jeune danseuse...


Dans le second, Charlot multiplie les petits boulots pour recueillir l’argent nécessaire pour que la femme qu’il aime recouvre la vue. "L’illusionniste" ne serait-il pas surtout un hommage au cinéma muet, expressif et sensible ?


Plus qu’un simple condensé de ce qui faisait la beauté d’un cinéma sans parole, "L’illusionniste" est en soi un film magnifique. Le personnage sous les traits de Tati traverse le film et l’Écosse avec sa longue silhouette et ses pantalons trop courts. Il passe de salles de spectacles en lieux de représentation les plus atypiques. Il rencontre même son double, évoluant à vélo sur un écran de cinéma. Très joli moment...

Sylvain Chomet réinvente dans son film le "pantomime". Les gestes sont expressifs, le dessin en 2D a le charme de l’imperfection et les sentiments des personnages sont palpables. Dites-moi, serait-ce un petit bijou ?

Avant de tourner le dictateur, Chaplin ne croyait pas aux vertus du cinéma parlant et trouvait que les gestes et les expressions du visage étaient l’essence même du cinéma. En retournant au muet, Sylvain Chomet revient à l’essentiel de l’expression et à une certaine forme d’universalité...

...Comme un bon vieux Chaplin !


P.-S.

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