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Les auteurs africains à l’honneur

Auteur de l'articleMélanie L

Publié le vendredi 11 avril 2008


A l’occasion de la manifestation Africabezons, la Médiathèque propose une sélection de documents sur l’Afrique.

Votre avis sur ce document

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Du 8 au 19 avril, venez découvrir - ou redécouvrir- la culture africaine, à travers des documents variés : livres d’art, romans, musiques, films...
Les auteurs africains sont à l’honneur : qu’ils soient camerounais, sénégalais, guinéens, béninois, angolais, maliens, ivoiriens, congolais, zaïrois ou encore djiboutiens, ils ont en commun des oeuvres qui tout en étant contemporaines dans leurs styles et leurs thématiques (exil, immigration, intégration, violence...), restent fortement empruntes de traditions africaines.
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Des regards qui oscillent entre un amour fort pour leurs pays et ses coutumes et un regard critique sur tout un continent qui a du mal à avancer et à s’"émanciper" après des années de colonisation, une Afrique contemporaine encore souvent déchirée et qui peine à se bâtir.
C’est à travers cette littérature que s’exerce le "devoir de mémoire" de ce continent qui tout en défendant la culture orale ancestrale, n’a pu s’empêcher de la coucher sur le papier...
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Romans, nouvelles, contes, pièces de théâtre, tranches de vie, polars... il y en a pour tous les goûts dans cette littérature vaste, poignante et souvent humoristique, mais qui ne laisse jamais indifférent.
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Voici quelques auteurs sélectionnés :
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Des camerounais
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Mongo Beti (Akométam (Cameroun), 1932 - 2001).
Cet écrivain franco-camerounais va au lycée à Yaoundé, puis s’installe après son bac en France pour poursuivre des études supérieures de Lettres. Il enseigne au lycée de Rambouillet, puis au lycée Corneille de Rouen de 1966 -date à laquelle il passe l’agrégation de Lettres classiques -jusqu’en 1994. Parmi ses romans les plus connus, Le pauvre Christ de Bomba (1956), satire du monde colonial et Main basse sur le Cameroun, autopsie d’une décolonisation (1972) qui fut censuré à sa parution.
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Calixthe Beyala (Douala (Cameroun), 1961 - ).
Ecrivaine française d’origine camerounaise, elle quitte à l’âge de dix-sept ans son pays pour la France où elle effectue des études de gestion et de lettres. Elle milite pour de nombreuses causes : droits de l’Homme, lutte contre le sida, promotion de la francophonie, etc. En l’an 2000, lors de la cérémonie des Césars, elle revendique une plus grande présence des minorités sur les écrans français. Beaucoup de ses ouvrages ont été récompensés. La Médiathèque possède Tu t’appelleras Tanga (1988), Les Honneurs perdus (1996), grand prix du roman de l’Académie française, Comment cuisiner son mari à l’africaine (2000), Femme nue, femme noire (2003), La plantation (2005).
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Gaston Kelman (Douala (Cameroun), 1953 -)
Élevé dans une culture chrétienne, il sera membre des Black Panthers en Angleterre où il obtient une maîtrise de Lettres. Il arrive en France en 1982 et devient directeur de l’Observatoire du Syndicat d’Agglomération Nouvelle de la ville d’Évry pendant dix ans. Influencé par la pensée d’Aimé Césaire, notamment par son Cahier d’un retour au pays natal (disponible à la médiathèque), il écrit en 2003 Je suis noir et je n’aime pas le manioc , véritable Best-seller qui défend le droit de garder et de rejeter ce que l’on veut de sa culture d’origine. Il y dénonce certains préjugés des blancs (et des noirs) envers les noirs, en précisant que la faute en revient aux uns comme aux autres. Son essai Au-delà du noir et du blanc (2005) dénonce les symptômes de l’esclavage et de la colonisation.
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Francis Bebey, (Douala (Cameroun), 1929 -Paris, 2001) Grand artiste camerounais, qui fut à la fois chanteur, compositeur, concertiste, écrivain et essayiste. Il a été journaliste de radio en Afrique et en France (à Radio-France Internationale), puis rattaché à l’UNESCO comme directeur du Programme de la Musique pour l’ensemble des États membres de l’organisation. En 1974, il décide de se consacrer uniquement à la composition musicale et à l’écriture. Ses chansons humoristiques (nous avons le CD «  Original Masters vol. 1 / Francis Bebey  ») le font connaître à travers le monde (Prix SACEM de la chanson française en 1977). Instrumentiste hors pair (arc à bouche, harpe traditionnelle, sanza, flûte Pygmée, guitare, percussions, voix), il donne des concerts dans le monde entier (75 pays en tout). Il a publié une quinzaine d’ouvrages (romans, poésie, théâtre, essais !), dont la plupart a été traduit dans plusieurs langues. Nous avons Le Ministre et le Griot (1992).
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Léonora Miano (Douala, 1973 -).
Ecrivaine camerounaise résidant en France depuis 1991, elle a publié L’Intérieur de la nuit (2005), considéré comme le meilleur premier roman français de l’année 2005 par le magazine Lire, ainsi que Contours du jour qui vient (2006) et Tels des astres éteints (2008).
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Des sénégalais
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Boubacar Boris Diop (Dakar (Sénégal), 1946 -).
Cet écrivain a publié des romans, des essais, et écrit des scénarios. Il a été également le directeur du Matin de Dakar. En 1998, il a participé au projet d’écriture sur le génocide au Rwanda (« Rwanda : écrire par devoir de mémoire »). Nous avons Murambi, le livre des ossements , et Le Temps de Tamango , Prix du bureau sénégalais du droit d’auteur.
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Fatou Diomé (Niodior (Sénégal), 1968-).
Elle vit une jeunesse à contre-courant, à l’inverse des traditions de son île natale : elle va à l’école (au début en cachette) et apprend le français. Elle se marie avec un français à 22 ans, mais rejetée par sa famille, elle doit divorcer deux ans plus tard ; elle vit alors en immigrée sur le sol français, faisant des ménages pour financer ses études de Lettres. Le Ventre de l’Atlantique , son premier roman, lui vaut une notoriété internationale. Son second roman, Kétala , paraît en 2006. Son oeuvre parle de la difficulté de s’intégrer, et reste emprunte des traditions africaines.
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Un guinéen
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Tierno Monénembo, de son vrai nom Diallo Thierno Saïdou (Porédaka (Guinée), 1947 -), est un écrivain guinéen francophone. Il quitte la Guinée et la dictature de Sékou Touré en 1969. Il rejoint la France en 1973 afin de poursuivre ses études. Nommé docteur ès sciences, il va enseigner au Maroc et en Algérie. Ses romans, pour beaucoup, racontent les difficultés rencontrées par les Africains exilés en France. Sont présents à la Médiathèque Les Écailles du ciel (1997) Grand Prix de l’Afrique noire en 1986 et L’Aîné des orphelins (2000) qui traite du génocide rwandais. A l’instar des autres écrivains qui participent au projet « Rwanda : écrire par devoir de mémoire », il ne s’inscrit pas en accusateur ni en justicier ; il témoigne de l’inhumanité de l’Homme et de l’imprévisibilité de la barbarie.
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Des béninois
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Olympe Bhêly-Quénum (Ouidah (Bénin),1928 - ).
Il est le fils d’une Grande Prêtresse du Vodoun. Après avoir fait ses études primaires au Bénin, il est parti en France faire ses études secondaires et supérieures. Il a obtenu une licence ès lettres classiques à 1’univeristé de Caen, ainsi qu’une maîtrise de socio-anthropologie à la Sorbonne et a par la suite été professeur de lettres classiques dans plusieurs lycées de France (Coutances, Suresnes, etc.). Rédacteur en chef du magazine La vie africaine, il a aussi fondé L’Afrique actuelle, magazine bilingue (français-anglais) Son Chant du lac , que vous pourrez trouver à la Médiathèque, a fait de lui, en 1966, le lauréat du Grand Prix littéraire d’Afrique. Vous pourrez lire également L’Initié .
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Florent Couao-Zotti (Pobé (Bénin), 1964 -),
Diplômé d’une maîtrise de Lettres Modernes à l’Université nationale du Bénin, il a été professeur de français, journaliste, rédacteur en chef au Canard du Golf puis à Abito, journaux satiriques béninois. Il est aujourd’hui chroniqueur culturel pour plusieurs quotidiens nationaux, scénariste de bandes dessinées, auteur de pièces de théâtre, romans, nouvelles, et écrit aussi pour la télévision. Il vit à Cotonou, ville où se déroulent plusieurs de ses romans, dont Notre pain de chaque nuit (1998), L’homme dit fou et la mauvaise foi des hommes (2000).
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Un angolais
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José Eduardo Agualusa (Huambo (Angola), 1960 -) est un journaliste, écrivain et éditeur angolais. Ses livres, recueils de contes et essais ont été traduits dans une dizaine de langues européennes. Il a crée en 2006 la maison d’édition brésilienne Lingua Geral dédiée aux œuvres de langue portugaise. Nous lui devons Le marchand de passés.
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Un malien
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_ Amadou Hampâté Bâ (Bandiagara (Mali), 1900 -Abidjan (Côte d’Ivoire), 1991).
Ecrivain et ethnologue malien descendant d’une famille peule noble, ce fervent défenseur de la sauvegarde des cultures orales peules et du dialogue entre les hommes, aussi surnommé « Le sage d’Afrique », nous a laissé quelques trésors de littérature sur les traditions orales africaines : Amkoullel l’enfant Peul : mémoires , les Contes des sages d’Afrique , ainsi que Petit Bodiel et autres contes de la savane que vous pouvez emprunter à la Médiathèque.
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Des ivoiriens
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Amadou Koné (Côte d’Ivoire, 1953- )
Cet écrivain ivoirien a enseigné la littérature africaine à l’Université Nationale de Côte d’Ivoire (Abidjan) pendant une quinzaine d’années, avant de partir enseigner aux Etats-Unis. Il est actuellement professeur de Littérature et d’Etudes Africaines à Georgetown University (Washington, DC). Il a publié des romans, des essais et des pièces parmi lesquelles Le Respect des morts (1974) et De la Chaire au Trône (1975). Son roman Les Coupeurs de têtes , a obtenu le Grand Prix Littéraire de la Côte d’Ivoire en 2000.
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Jean-Marie Adiaffi (Côte d’Ivoire, 1941 -Abidjan, 1999)
Enseignant, poète et romancier, il est l’auteur notamment de La Carte d’identité (1983), livre pour lequel il a reçu le Grand Prix littéraire d’Afrique noire de l’UDELF. En 1991, il a été décoré de l’Ordre national du mérite culturel.
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Tanella Boni (Abidjan (Côte d’Ivoire).
Cette écrivaine francophone a fait des études supérieures à Toulouse et à Paris (Université Paris IV), avant d’enseigner la philosophie à l’Université de Cocody à Abidjan. Elle est à la fois poète, romancière, nouvelliste et critique, a écrit des histoires pour enfants, et fut Présidente de l’Association des écrivains de la Côte d’Ivoire de 1991 à 1997. Vous pouvez emprunter Matins de couvre-feu (2005), qui a obtenu le Prix Ahmadou Kourouma, ainsi que Les nègres n’iront jamais au paradis (2006)
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Des congolais
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Alain Mabanckou (Congo Brazzaville, 1966)
Il fait ses études primaires et secondaires et obtient un baccalauréat option Lettres et Philosophie à Pointe-Noire, capitale économique du Congo. Il commence des études de Droit à Brazzaville, puis en France, à l’Université Paris-Dauphine où il obtient un DEA en Droit des affaires. Il publie des poésies ; son premier roman, Bleu-Blanc-Rouge (1998), lui vaut le Grand prix littéraire d’Afrique noire. Il va enseigner les littératures francophones à l’Université du Michigan, puis à l’Université de Californie-Los Angeles, UCLA. Verre Cassé (2005), largement salué par le public et la critique, a été adapté au théâtre et traduit dans plusieurs langues. Il a reçu de nombreux Prix (Prix Ouest-France / Etonnants Voyageurs, Prix RFO du livre, finaliste au Prix Renaudot 2005). Mémoires de porc-épic , (2006) a quant à lui reçu le Prix Renaudot 2006, le Prix Aliénor d’Aquitaine 2006 et Le Prix de la rentrée littéraire française 2006. Nous possédons également Les Petits-fils nègres de Vercingétorix et African Psycho
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Henri Lopès (Brazzaville (Congo),1937-)
Cet écrivain congolais a été Premier ministre dans son pays de 1973 à 1975, puis fonctionnaire international de l’Unesco à Paris en 1982. Il a écrit notamment Le Chercheur d’Afriques (1990). Il évoque par ses écrits les contradictions de L’Afrique indépendante.
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Un zaïrois
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Achille Ngoye (Haut-Katanga (Zaïre), 1944 -).
Il exerce d’abord le métier de journaliste, crée une revue de bandes dessinées et une revue musicale. Il devient ensuite chroniqueur musical. En 1982, à Paris, il collabore à différents périodiques : Actuel, Afrique-Elite, Libération entre autres. Nous avons Big Balé et Ballet noir à Château-Rouge (2001), son cinquième roman. Achille F. Ngoye, à qui nous devons « l’émergence du polar dans la littérature africaine », est l’un des représentants de cette nouvelle littérature africaine qui s’inscrit dans le Paris d’aujourd’hui.
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Un djiboutien
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Abdourahman. A. Waberi (Djibouti, 1965).
Ecrivain djiboutien de langue française, il quitte son pays en 1985 afin de poursuivre des études en France, où il continue d’écrire et enseigne l’anglais en lycée. Son premier ouvrage, Le Pays sans Ombre (1994), obtient le Grand Prix de la nouvelle francophone de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Waberi a aussi écrit Cahier nomade (1999), Moisson de crânes (2004), consacré au génocide rwandais, et un recueil intitulé Rift, routes, rails (2001). L’auteur s’attache à montrer dans ces deux derniers ouvrages les déchirements de l’Afrique noire.
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et beaucoup d’autres !
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P.-S.

Découvrez également notre sélection musicale et cinématographique.


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